Le Prix Un photographe pour Eurazeo a récompensé, le 17 février, l’auteur Frédéric Stucin pour sa série Le Décor. Une immersion cinématographique dans un Paris déserté.

Depuis 2010, le prix Un photographe pour Eurazeo récompense chaque année le travail d’un artiste professionnel. À la clé ? Une dotation de 10 000 euros, ainsi qu’une exposition de ses œuvres. Après avoir examiné plus de 100 dossiers, le jury, présidé par le photographe Jean-François Camp, a désigné un lauréat – Frédéric Stucin pour sa série Le Décor – ainsi qu’une mention spéciale, attribuée à Florence Levillain et son projet Nébuleuse. Deux travaux aux écritures contrastées, bien qu’inspirées par une thématique commune : la crise sanitaire, et le confinement. Avec poésie, chaque auteur capture un univers étrange, aux frontières du rêve, et nous invite à nous évader d’un quotidien frustrant.

Un Paris vidé de ses habitants

« Lors du premier confinement, arpentant Paris, je me suis demandé si le cadre était bien réel. La ville était devenue un décor, le gigantesque plateau d’un tournage suspendu. Avec de rares passants, nous visitions le décor de nos vies arrêtées. C’est ce trouble, cette impression de nuit en plein jour, que j’ai voulu montrer en sillonnant la capitale tous les jours », explique Frédéric Stucin. Inspiré par la vision d’un Paris désert, le photographe parisien invente une promenade au détour des rues. Un périple dans un environnement surréaliste évoquant un monde postapocalyptique. « Présenter une série sur le confinement n’est pas sans audace, compte tenu du nombre de dossiers traitant de ce sujet brûlant d’actualité, confie Jean-François Camp. L’élégance de son regard sur un Paris vidé de ses habitants, en clair-obscur, avec de fulgurantes lumières et des personnages fuyant une réalité crépusculaire nous a littéralement subjugués. » Une série cinématographique inspirant la fiction. Un défi que l’écrivain Didier Daeninckx avait d’ailleurs relevé dans Fisheye #42.

© Frédéric Stucin