Sadak Souici, accompagné par l’ONG Première Urgence Internationale, présente Silent War, une série photographique réalisée dans la ligne de front du conflit entre l’Ukraine et le Donbass.

Le Donbass est la région séparatiste à l’est de l’Ukraine, déclarée indépendante et connue pour son manque de ressources et un énorme taux de chômage. La crise en Ukraine a débuté en 2013 suite au refus de l’ancien président Ianoukovitch de signer l’Accord d’association avec l’Union Européenne. La Crimée, suite au déploiement des forces russes, a annexé la Fédération Russe en 2014, déclenchant une guerre et une crise humanitaire sur les nouvelles frontières. Le Donbass est devenu une des régions les plus affectées par la guerre. Et, surtout, elle s’est séparée de l’Ukraine par une ligne de frontière, qui est non seulement zone de combat, mais aussi de passage des personnes se déplaçant entre l’Ukraine et le Donbass. Ces personnes, déportées pour des raisons humaines et économiques, doivent traverser les cinq check points répartis tout au long de la ligne de séparation sous des conditions extrêmes sanitaires, de sécurité et de climat. La zone de frontière est par ailleurs répertoriée comme l’une plus minée au monde aujourd’hui. On estime qu’un million de personnes traversent chacun des checkpoints entre l’Ukraine et le Donbass par mois. Pris en otage par l’apparition de cette nouvelle ligne de front et obligés à vivre entre deux territoires, les civils sont les plus affectés par le conflit.

Le quotidien des civils sous la guerre

Sadak Souici, résidant en Ukraine, a témoigné et documenté le conflit ayant lieu dans ce pays. Avec Première Urgence Internationale, il s’est rendu sur la ligne de front de Donbass afin de photographier le quotidien des civils. La série Silent War met en lumière le quotidien des déportés, en été comme en hiver : des heures d’attente, la menace de se faire tirer dessus ou de marcher sur une mine. Sadak Souici partage aussi l’histoire des populations basées dans le Donbass sous la guerre. Il nous révèle ainsi l’histoire de Marina, 13 ans, qui vit avec son père et sa mère, dans les ruines de la ville de Spartak – sur le front de Donetsk. « Elle vit dans la cave de sa maison pour se protéger des fréquents bombardements près du front », commente le photographe. Nous découvrons aussi le quotidien de Tatyana, vivant dans une maison construite par son mari et détruite par les bombardements des forces ukrainiennes. « Maintenant qu’ils vivent dans une vieille maison abandonnée, leurs enfants ont été déportés. Les deux survivants retraités se sont cachés, eux aussi, dans une cave », explique-t-il. Le travail de Sadak Souici illustre les difficultés de la population de cette région au cœur d’un conflit entre deux continents. Il donne ainsi voix aux populations affectées par la guerre, dont l’histoire est ignorée par les médias.

Marrinka est une ville de l'oblast de Donetsk, en Ukraine, et le chef-lieu administratif du raïon de Marïnka. Sa population, à majorité russophone s'élevait à 9 913 habitants.la ligne de front entre l'Ukraine et la République Populaire de Donetsk (RPD. il faut environ 1 heure à cause de la neige pour une ambulance pour se rendre au poste de contrôle.

© Sadak Souici / Première Urgence Internationale

© Sadak Souici

© Sadak Souici / Première Urgence Internationale

à.g. © Sadak Souici / Première Urgence Internationale à.d. © Sadak Souici

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Image d’ouverture © Sadak Souici / Première Urgence Internationale