Le domaine de Chaumont-sur-Loire expose, jusqu’au 28 février, cinq photographes dans des conditions exceptionnelles. Ne manquez pas la seconde édition de ce rendez-vous hivernal qui vous permettra de découvrir, si vous ne le connaissez pas encore, un lieu magique qui fait la part belle à la nature et à l’art contemporain.

Le domaine de Chaumont-sur-Loire est d’abord connu pour le festival international des jardins créé en 1992 – un événement de dimension mondial –, ainsi que par les artistes contemporains invités à créer des œuvres spécialement conçues pour ses espaces. Depuis dix ans, près de 90 commandes ont été passées à des créateurs comme Nils-Udo, Giuseppe Penone, François Méchain ou Sarkis. Mais depuis 2017, grâce à Chantal Colleu-Dumond, directrice du domaine et commissaire de l’événement, la photographie a aussi droit de cité dans les salles du château et de ses dépendances.

Découvrir d’autres langages

Avant de passer la porte du château, en arrivant dans le domaine, on trouve sur la droite l’asinerie, un espace autrefois réservé aux ânes. Mais ne vous méprenez pas, le photographe accueilli ici, l’Américain Robert Charles Mann, dispose d’un très bel espace où se déploient ses grands sténopés qui ont enregistré la trajectoire du soleil sur le domaine, durant six mois, entre deux solstices. Presque en face, dans la galerie de la cour des jardiniers, on découvre le travail de l’Italien Davide Quayola, qui utilise un scanner haute résolution avec des algorithmes qu’il développe lui-même pour réaliser une série étonnante baptisée Impressions végétales. « J’essaie de découvrir d’autres langages pour générer de nouvelles esthétiques », explique l’artiste.

Impressions solaires, 2018 © Robert Charles Mann

Présence magnétique

Un peu plus loin, dans la galerie basse du Fenil, c’est le photographe finlandais Santeri Tuori qui nous invite dans ses Forêts imaginaires. Une série d’images quasi organiques dans lesquelles il fusionne les photographies des mêmes frondaisons prises à différentes périodes de l’année. Mystérieuses et denses comme une matière vivante, ces épreuves sont douées d’une présence magnétique.

Forest #34,Forest, 2017 © Santeri Tuori / the artist, courtesy Gallery Taik Persons

Puissance et mystère

Encore sous le charme de ces Forêts imaginaires, on passe sous l’arche du château, on monte des marches d’une tour et on arrive aux salles qui accueillent le travail de Juliette Agnel. La photographe française y présente ses Nuits étoilées, dont on avait déjà pu apprécier les prémices avec ses Nocturnes exposés aux Rencontres d’Arles en 2017. La suite est également très belle, mais ce sont surtout ses Portes de glace qui nous ont fait fondre : des images d’icebergs réalisées au Groenland que la photographe passe en négatif ou assombrit à l’extrême. Des grands formats qui possèdent une puissance et un mystère dont on a du mal à se détacher.

Les Portes de Glace, 2018, Groenland © Juliette Agnel

Les Portes de Glace, 2018, Groenland © Juliette Agnel

Relation avec la nature

Enfin, en continuant à parcourir les salles qui font le tour de la place forte, on voit les photos aériennes d’Alex MacLean. Ce dernier a survolé et photographié les châteaux de la région Centre-Val de Loire. Une commande destinée à célébrer le 500e anniversaire de la Renaissance qui n’offre, hélas, qu’un ensemble d’images d’architecture assez convenu. Mais on passe bien vite cette partie de l’exposition pour rejoindre avec délices le parc qui accueille plusieurs installations d’artistes contemporains en relation avec la nature, pour de nouvelles aventures…

Château de Chaumont-sur-Loire, 2018 © Alex MacLean pour le Domaine de Chaumont-sur-Loire

Chaumont-Photo-sur-Loire

Expositions d’hiver

Jusqu’au 28 février 2019

Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)