Fisheye vous donne la parole durant le confinement. Chaque semaine, découvrez des photos et son auteur(e). Lumière aujourd’hui sur le challenge créatif d’Auriane Rocand.

Qui es-tu, en une phrase ?

Je suis une photographe de 22 ans, originaire de Vendée, et en passe de terminer mon cursus à l’École de Photographie et de Game Design (ETPA), à Toulouse.

Comment vis-tu ton confinement ?

Tout se passe bien, je suis confinée en famille, à Challans en Vendée. Nous avons la chance d’avoir de l’espace pour s’aérer.
Le confinement est l’occasion d’expérimenter et de repousser mes limites dans mes processus de création et de composition. Je me suis lancée un défi : réaliser une petite série d’images par jour, avec mes deux sœurs pour modèles. On crée des décors, des accessoires, on développe notre imagination comme on ne l’avait jamais fait, tout en s’amusant ! Être confinées nous contraint à exploiter ce que nous avons autour de nous, tout en évitant que les séries deviennent répétitives. C’est un défi très stimulant artistiquement. Je partage régulièrement ces travaux sur mes réseaux sociaux en montrant également l’envers du décor, un vrai divertissement quotidien pour les gens qui me suivent, et qui m’encouragent à continuer. Cela peut paraître contradictoire, mais depuis que je suis en école de photo, je ne prends plus le temps de faire des images pour moi, ou de réfléchir à mes projets perso. J’ai déjà réalisé plus d’une trentaine de mini séries depuis le début du confinement, et je suis heureuse du travail accompli (et qui n’est pas fini).

Qu’as-tu appris sur ta pratique photo en cette étrange période ?

J’ai mis en pratique tout ce qui m’a été appris à l’école, et j’ai pris pleinement conscience des connaissances acquises. Je suis désormais exigeante sur des éléments qui m’auraient parues futiles il y a 2 ans. J’ai cependant aussi appris à me détacher de ces règles, ce qui rend mon travail plus intéressant. Je n’ai pas cette pression liée à un retour technique, je me sens ainsi plus libre à la prise de vue.

Si tu devais être confinée avec un ou une photographe, qui serait l’heureux/se élu(e) ?

Sans hésitation, Peter Lindbergh, malheureusement décédé en 2019. Passionnée par la photo de mode depuis mes débuts, j’ai eu un coup de coeur pour son travail. Il sait rendre la femme naturelle, belle et forte. Il a aussi la même passion que moi pour les photos sur la plage, on se serait bien entendu, je pense. J’ai d’ailleurs réalisé une petite série au jour 25 du confinement « à la manière de Peter Lindbergh ».

Quel est ton mantra favori, histoire de rester optimiste ?

Plus l’attente est longue, plus la joie est profonde. Il me tarde de retrouver la plage, et je sais que quand ça arrivera, je savourerai le moment !

Un dernier mot ?

Plus que 19 séries !

© Auriane Rocand