Du 5 au 10 mars 2019, cinq lieux de Paris accueilleront les Rencontres internationales. Un événement consacré au nouveau cinéma et à l’art contemporain. L’occasion de découvrir de nombreux réalisateurs émergents.

En pleine évolution, notre culture visuelle contemporaine interroge à la fois les enjeux politiques, sociaux, économiques de notre époque, et les progrès des modes de production et de diffusion. En plein cœur de l’ère digitale, le média se développe inlassablement. Les Rencontres internationales Paris/Berlin se tiendront du 5 au 10 mars 2019 dans plusieurs lieux de la capitale : à l’auditorium du Louvre, au Centre Pompidou, au Carreau du Temple, au Forum des images et à la Cité internationale des arts. Une manifestation qui regroupera plus de 120 œuvres, venues de 40 pays, et qui présentera un programme interactif, entre projections, séances spéciales, performances, débats et tables rondes.

Nouveau cinéma, projet conceptuel, art contemporain se mélangent au sein de cette plateforme européenne. Que les artistes présentent des œuvres expérimentales, hybrides, documentaires ou encore poétiques, tous donnent à voir la constante métamorphose du média.

© Birgit Johnsen et Hanne Nielsen

Trois approches différentes du documentaire

Parmi les nombreuses créations représentées, le documentaire Chinafrika.mobile, du réalisateur et artiste-vidéaste Daniel Kötter s’intéresse à une nouvelle puissance mondiale : la Chinafrique. Le film retrace le cycle de vie d’un téléphone mobile, de sa naissance, dans les mines de Kolwesi, au Congo, à sa transformation dans les usines chinoises, jusqu’à sa mort dans les marchés et déchetteries de Lagos. Le réalisateur, passionné par l’urbanisation en Afrique, mêle reportage, musique expérimentale et théâtre dans ses œuvres. Chinafrika.mobile se lit comme un objet hybride, entre documentaire, guide et performance artistique.

Si cinéma et photographie demeurent deux disciplines différentes, certains photographes se lancent dans la réalisation. C’est le cas de Laura Henno, auteure française, et lauréate du prix découverte des Rencontres d’Arles, en 2007. Avec Djo, elle documente une communauté venue des Hauts de Mayotte. Dans ce territoire, hommes et chiens entretiennent un rapport fusionnel. Ensemble, ils partagent un même espace, d’égal à égal. Dans ce documentaire, qui empreinte à la fiction, Laura Henno présente un peuple vivant en harmonie avec les éléments. Une culture fascinante, influencée par les prières musulmanes, mais aussi les esprits malins – les djinns – se trouvant dans la forêt voisine.

Enfin, présente aux Rencontres d’Arles 2018, la photographe Wiktoria Wojciechowska, née en Pologne en 1991, dévoile son court-métrage Sparks. Sombre et poignant, le film fait le portrait de jeunes soldats non professionnels qui combattent en Ukraine. Des hommes démunis, qui partent à la guerre en baskets, portant sur eux des armes qu’ils ont volées dans des musées. Anciens philosophes, astronautes ou même DJs, ces personnes sont devenues les protagonistes d’un récit dramatique. Un court-métrage traitant avec poésie et humanisme du conflit ukrainien.

Trois approches différentes du documentaire, qui donnent un avant-goût de la riche programmation des Rencontres internationales.

© Wiktoria Wojciechowska

© Daniel Kötter

© Abri de Swardt

© Jasmina Cibic

© Piscine

Image d’ouverture : © Jasmina Cibic