Fisheye dédie son nouveau hors-série aux étudiants d’écoles photo. Sur les pages du magazine défilent trente travaux de diplômés bien inspirés. Un panorama de la jeune création, à découvrir en kiosque dès aujourd’hui.

C’est un hommage à la liberté de créer que propose Fisheye à travers ce hors-série. Consacré aux jeunes diplômés des écoles photo du monde entier, le numéro présente un état des lieux de la photographie contemporaine. Le diplôme de fin d’études dans une école photo représente une opportunité en or : celle de se consacrer à la création. Durant six mois, les étudiants développent un projet, rivalisent d’inventivité. Mode, documentaire, ou encore expérimentations photographiques, les trente jeunes artistes sélectionnés par l’équipe de Fisheye cherchent à dépasser le champ des possibles, et à inventer une nouvelle manière de penser l’image.

Après avoir reçu plus de 200 dossiers, d’une cinquantaine d’écoles issues d’une vingtaine de pays différents, Fisheye présente, dans ce hors-série, un panorama inédit. Charlotte Abramow, Vilma Pimenoff et Jean-Vincent Simonet, des anciens élèves témoignent des bénéfices de leur formation. Deux directeurs des Gobelins, Nathalie Berriat et Yves Portelli, évoquent les enjeux auxquels sont confrontées les écoles photo aujourd’hui. Enfin, trente travaux remarquables sont dévoilés. Focus sur les créations de Valérie Kaczynski, Bastien Gomez et Maud Le Cozannet.

© Dinaya Waeyaert

Portrait de famille

Jeune diplômée des Gobelins, la française Valérie Kaczynski présente Lej i nie pytaj (Verse et ne demande pas en polonais). Une série dans laquelle elle met en scène son histoire personnelle. Entre photographie de mode et scènes familiales, l’artiste, d’origine polonaise, recréé des souvenirs et rend hommage à sa culture. Autour d’une table, ses modèles festoient et partagent un repas convivial. Un clin d’œil aux valeurs de la Pologne, et à la générosité dans laquelle elle a grandi. Si elle s’inspire des travaux de la styliste Rebecca Muzzioli, Valérie brouille les pistes et propose des images hybrides, où l’esthétique de la mode sublime la beauté de la vie quotidienne.

© Valerie Kaczynski

L’absurde monde de la finance

Originaire de Paris, Bastien Gomez est parti en Suisse pour étudier la photographie, à l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL). Dans le hors-série, il dévoile sa série Etheral, un projet mettant en lumière l’environnement étrange du monde boursier. Opaque et confidentiel, le marché de la haute finance semble être déconnecté du monde réel. Bastien explore, à travers Etheral, le quotidien quasi fictionnel et déshumanisé des traders européens. Un travail mélancolique et hors du temps, traversé de rayons lumineux, venus éclairer les mystères gardés jalousement par cet étrange cœur économique.

© Bastien Gomez

Enfants de la lune

Maud Le Cozannet, diplômée de l’École belge de photographie et de techniques visuelles Agnès Varda a intitulé son travail Projet XP. Créée en partenariat avec l’association belge L’Espoir des Enfants de la Lune, sa série photographique s’intéresse aux enfants atteints de xeroderma pigmentosum (XP). Cette maladie génétique cause une sensibilité excessive de la peau aux rayons UV. Pour se protéger, les enfants touchés doivent se munir d’un casque, de gants et de vêtements épais, leur donnant l’allure d’astronautes. Tout en poésie, Maud lève le voile sur une condition médicale méconnue. Un travail touchant.

© Maud Le Cozannet