Le 4 décembre, le Prix du livre Paris Photo-Aperture Foundation a récompensé ses lauréats 2020. Quatre ouvrages influencés par les enjeux sociétaux contemporains, et par un désir de créer de nouvelles formes de livres.

Initié en novembre 2012 par la Fondation Aperture et Paris Photo, le Prix du Livre rend hommage à la contribution du livre photo dans l’histoire et à l’évolution du 8e art. Le 4 décembre, les lauréats des trois prix – le Premier livre (qui remporte une dotation de 10 000 dollars) le Livre de l’année, et le Catalogue de l’année – ont été révélés. Organisée en partenariat avec Delpire & Co, l’édition 2020 présente, jusqu’au 24 décembre au cœur de Saint-Germain-des-Prés, une exposition des 35 livres finalistes. Celle-ci se poursuivra du 7 au 23 janvier dans le cadre du parcours Photo Saint-Germain.

Cette année, en raison de la qualité des projets soumis, le jury, composé notamment de Damarice Amao (Centre Pompidou), Lucy Conticello (M le magazine du Monde) et Nicolas Poillot (directeur de création et consultant en image), a choisi de décerner une mention spéciale à Like de Ryan Debolski, dans la catégorie Premier Livre. Ce dernier rejoint le palmarès 2020 : Living Trust de Buck Ellison (Premier livre), Woman Go No’Gree de Gloria Oyarzabal (Livre de l’année) et Imagining Everyday Life : Engagements with Vernacular Photography  (Prix du catalogue).

Like (Gnomic Book, Brooklyn) © Ryan Debolski (Mention spéciale catégorie Premier livre)

Œuvres hybrides et engagées

Dans un monde en pleine évolution, les ouvrages récompensés se démarquent dans leur volonté de repenser l’objet « livre », tout en illustrant des enjeux contemporains. Living Trust (Éditions Loose Joints) se lit comme une enquête photographique sur la notion de privilège blanc aux États-Unis. Un ensemble « parfaitement cohérent avec le sujet abordé dans son séquençage et sa finition », précise Nicolas Poillot. Dans Like (Gnomic Book), Ryan Debolski documente les travailleurs migrants à Oman, au Moyen-Orient avec une sensibilité rare. En donnant à voir les amitiés que les ouvriers lient entre eux, il propose un portrait atypique de cette communauté.

Inspirée par la condition des femmes dans le monde, Gloria Oyarzabal explore, à travers Woman Go No’Gree le colonialisme et le féminisme blanc en Afrique de l’Ouest. Un travail croisant les regards et les esthétiques, en mêlant photographies personnelles, images trouvées et archives. « Dans ce livre magnifiquement conçu, elle met le spectateur au défi de s’attaquer à ses propres préjugés », déclare Damarice Amao. Imaging Everyday Life : Engagements with Vernacular Photography, enfin, s’impose comme une anthologie de l’image vernaculaire. Un travail de recherches impressionnant s’imposant d’ores et déjà comme une référence. Œuvres hybrides et engagées, les livres lauréats représentent avec pertinence le futur de l’édition photographique.

 

L’exposition est visible en accès libre dans les locaux de Delpire & Co, 13 Rue de l’Abbaye à Paris, du mercredi au dimanche de 11h à 19h jusqu’au 24 décembre, puis du 7 au 23 janvier. 

à g. Richard H Bowman (Military Stamp Scrapbook Album) © Courtesy The Walther Collection (Catalogue de l’année), à d. Woman Go No’Gree © Gloria Oyarzabal (Livre de l’année)

Living Trust © Buck Ellison 2020/ Courtesy Loose Joints (Premier livre)

Image d’ouverture : Like (Gnomic Book, Brooklyn) © Ryan Debolski