Le Jeu de Paume dévoile le grand œuvre de Thomas Demand dans sa globalité pour la première fois en France. Intitulée Le Bégaiement de l’histoire, l’exposition revient sur les différentes séries de l’artiste et rend compte de toute la richesse de sa pratique.

Jusqu’au 28 mai 2023, le Jeu de Paume accueille entre ses murs Le Bégaiement de l’histoire, la première exposition d’envergure consacrée à Thomas Demand en France. Un ensemble de 70 œuvres, composé de tirages, de films et de papiers peints, retrace le parcours de l’artiste. Au fil de ses étonnants tableaux, le photographe et sculpteur tente de s’adonner à un portrait de nos sociétés contemporaines, de ce bref moment où l’histoire commence. Tel un miroir, ses grands formats reproduisent une banalité perturbante, inspirée d’épisodes médiatiques que spectateurs et spectatrices peinent à reconnaître totalement. Ce qui s’apparente au monde réel n’est qu’une vaste chimère peuplée de statues éphémères. Faites de papier et de carton, ces dernières recréent des images issues des médias et n’ont pour seule vocation que d’être saisies par l’œil mécanique d’un boîtier.

La rétrospective couvre l’entièreté de la carrière de Thomas Demand, qu’elle scinde en quatre chapitres. Tout d’abord, nous observons les balbutiements créatifs de l’artiste allemand, au cours desquels il narre d’inquiétants récits. Au travers de larges clichés, la banalité cache toute l’importance historique des scènes qui s’y jouent. Viennent ensuite les Dailies, des images d’une moindre taille, saisies à l’aide d’un téléphone, qui donnent à voir le mystère de l’existence. Dans Model Studies, il documente des maquettes et des patrons, réalisés en miniatures par des architectes et de grands couturiers, qu’il augmente de papiers peints de sa propre conception. Enfin, l’exposition s’achève sur Pacific Sun, série dévoilée pour la première fois au public français. Ce dernier espace de l’institution s’intéresse au rapport que le photographe entretient avec l’image en mouvement, à l’instar du mouvement même de l’histoire qui le fascine tant.

© Thomas Demand / ADAGP