En décembre dernier, le Prix SAM a récompensé sa lauréate 2019 : Laura Henno. La photographe et réalisatrice s’envolera pour Mayotte, afin de documenter une communauté clandestine : les Bouchemans.

Créé en 2009, le Prix SAM pour l’art contemporain a pour ambition d’envoyer ses lauréats à travers le monde, hors de leur périmètre culturel quotidien. Chaque année en décembre, le comité scientifique du prix élit un auteur français, travaillant dans le domaine des arts plastiques et visuels, et lui offre une dotation de 20 000 euros, afin de l’accompagner dans la réalisation d’un projet à destination d’un pays étranger (en dehors de l’Europe et de l’Amérique du Nord). Une exposition au Palais de Tokyo et une monographie illustreront ensuite, dans les mois suivants, son périple. Depuis sa création, le concours a permis à dix artistes de réaliser des projets variés et dépaysants. Parmi eux, Laurent Pernot au Brésil, Angelika Markul à Tchernobyl, ou encore Louis-Cyprien Rials en Ouganda. Fin 2019, une nouvelle lauréate a été sélectionnée : Laura Henno.

Née à Paris en 1976, Laura Henno s’est d’abord spécialisée dans la photographie, avant de s’initier au cinéma au Fresnoy. Elle utilise aujourd’hui les deux médiums pour documenter les phénomènes de migration. Le Prix SAM la mènera aux Comores, et notamment à Mayotte, où elle réalisera un film intitulé N’Dzuani, une œuvre dédiée aux clandestins Anjouanais et Mahorais, surnommés les Bouchemans. À la lisière de la ville, ces bandes d’adolescents forment une communauté indépendante et marginale, vivant recluses avec leurs chiens. Dans cet univers étrange, bordé par une nature imposante, ces jeunes vivent, protégés et encerclés par la forêt. Inspirée par les codes picturaux et cinématographiques, Laura Henno mêle récit et fiction, construisant un travail social et poétique, à découvrir au Palais de Tokyo en 2021.

© Laura Henno / Courtesy Galerie Les Filles du Calvaire