L’appel à candidatures pour le prix La Gacilly x Fisheye se clôture aujourd’hui. L’occasion de retracer le parcours des trois lauréates de l’édition 2018 : Andrea Olga Mantovani, Laetitia Vancon et Joséphine Brueder.

« Je n’ai pas seulement gagné un prix photo, mais une vraie amitié », confie Andrea Olga Mantovani, l’une des lauréates du prix La Gacilly x Fisheye 2018. Sa série sur la forêt de Bialowieza, en Pologne, avait retenu l’attention du jury. Pour réaliser ce travail, la photographe et géographe de formation avait passé trois mois dans l’une des plus anciennes forêts d’Europe, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, au cœur d’opérations d’abattages orchestrées par le gouvernement de Varsovie. Elle y avait rencontré les activistes écologistes comme les forestiers. En documentant les risques de disparition de la plus grande forêt primaire d’Europe, sa série questionne sur le rapport de l’homme à la nature. Ce travail lui a valu le prix Focale en Suisse, une exposition de deux mois à la galerie Focale à Nyon et un accompagnement par Jane Evelyn Atwood, Nicolas Havette et Jean-Christophe Bourcart dans le cadre de masterclasses organisées par l’Œildeep. Il a également fait l’objet d’une parution dans le magazine Elle (juin 2018).
En avril, elle retournera en Pologne afin de faire évoluer son travail en un film photographique. Le projet final sera visible à l’Union des annonceurs, à Paris, en avril 2019, à la Galerie PNM, en Corrèze en juillet 2019, à l’Espace Monet-Rollinat (EMR), un centre d’exposition d’art contemporain en Nouvelle-Aquitaine, et à la Fisheye Gallery à la rentrée 2019. Un projet de livre est attendu courant de l’été 2019.
Par ailleurs, elle réalise régulièrement des commandes sur des sujets de société et politiques pour The New York Times. Elle exposera enfin aux Boutographies – les rencontres photographiques de Montpellier –, un projet sur le rapport entre le territoire et la vieillesse.

© Andrea Olga Mantovani

Questionner nos sociétés contemporaines

Durant deux ans, Laetitia Vancon a documenté le quotidien des jeunes qui vivent sur l’île de Lewis, située à l’extrémité nord de l’Écosse, et les problématiques auxquelles ils sont confrontés. « Quelle est la vie de ces jeunes aujourd’hui ? Dans quel environnement vont-ils évoluer ? Comment s’épanouir de manière durable ? » Pour, finalement, poser l’ultime question : « La carte postale résiste-t-elle à la réalité ? » Ce projet intitulé At the End of the Day a permis aux visiteurs du festival La Gacilly de questionner de plus près nos sociétés contemporaines. Suite au festival breton, la série a été publiée dans GEO Allemagne et dans La Vie. Elle a aussi été exposée à la Seidlvilla de Munich durant un mois.
Pour Laetitia Vancon, depuis le festival La Gacilly 2018, les commandes pour The New York Times se sont multipliées. En Pologne, Lituanie, Norvège et Burkina Faso, elle a suivi les interventions de l’Otan. Elle a aussi travaillé sur la question de l’austérité dans les milieux ruraux à Northampton, en Angleterre. Actuellement, elle réalise un projet sur l’identité allemande, qui sera publié prochainement. Grâce à ses collaborations, elle fait partie de la sélection « photos de l’année » du New York Times. Elle est également présélectionnée pour le prix Roger de la Scam.
Par ailleurs, elle développe deux autres projets personnels. L’un concerne les petites retraites en Allemagne et l’autre traite de l’autonomisation de femmes souhaitant devenir mécaniciennes au Burkina Faso.

© Laetitia Vancon

Vous souvenez-vous des images colorées des États-Unis réalisées par Joséphine Brueder ? À La Gacilly puis à Arles, au sein de la Fisheye Gallery, elle proposait un carnet de voyage graphique de l’Ouest américain explorant les frontières entre le vrai et le faux, entre l’homme et la nature. Depuis le prix La Gacilly x Fisheye, Joséphine a emprunté un tout autre chemin. Actuellement photographe de la mairie de Paris, elle pratique la photo de reportage et s’intéresse particulièrement à l’image documentaire. « Mes images ne dénoncent pas mais soulèvent, à travers un style documentaire, des interrogations sur les notions de territoires, d’habitat, ou encore d’intimité », précise-t-elle sur son site internet. Si elle travaille sur des séries personnelles, elle se consacre avant tout aux actualités parisiennes.

© Joséphine Brueder

Image d’ouverture © Laetitia Vancon