Ce vendredi 8 juillet, le Prix James Barnor a dévoilé le nom de sa première lauréate : Sènami Donoumassou ! Dans son œuvre, la photographe béninoise s’intéresse aux notions d’héritage et d’identités.

Soucieux de mettre son travail au service d’autrui, James Barnor a imaginé un prix éponyme. Par ce biais, le photographe ghanéen entend soutenir les plus jeunes générations qui, comme lui, sont issues du continent africain. Assez peu représenté dans le champ des récompenses photographiques, il s’attache ainsi à pallier ce manquement en offrant davantage de visibilité à des talents émergents. Cette démarche s’inscrit simultanément dans un esprit de transmission et de partage, cher à l’artiste de 93 ans. Instigateur d’une fondation à son nom, il défend déjà depuis de nombreuses années les cultures panafricaines, de même que l’accès à l’éducation et aux formations. En avril, l’institution a alors réuni un comité d’experts afin de présélectionner les potentiels candidats de la première édition du Prix James Barnor. Ces derniers ont ensuite soumis leur portfolio. À l’unanimité, Sènami Donoumassou a été désignée lauréate. Fatoumata Diabaté reçoit, quant à elle, une mention spéciale.

Célébrer la culture et la diaspora africaine

Originaire du Bénin, Sènami Donoumassou se plaît à manipuler les photogrammes pour mieux interroger les notions d’identité, d’héritage et d’histoire. Dans des clichés monochromes se dessinent des figures spectrales. Nimbés de lumière, des portraits et des objets dédiés au culte animiste surgissent par transparence. Les éléments se superposent et laissent ainsi deviner les différentes couches qui composent non seulement les tirages, mais également les êtres imprégnés de ces traditions séculaires. Elle devient la première lauréate du Prix, consacré cette année à l’Afrique de l’Ouest, et reçoit à ce titre une dotation de 10 000 €.

Dans un autre genre, Fatoumata Diabaté  donne libre cours à ses croyances. Engagée, la photographe s’intéresse au rôle symbolique du masque dans les légendes et les contes de son Mali natal. Représentant tantôt un animal, tantôt un objet, il fait partie intégrante de l’individu. Il dissimule ainsi les visages et interroge le rapport au monde. Pensées comme des cycles de six ans, les prochaines éditions récompenseront tour à tour les régions d’Afrique du Sud, d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Est et d’Afrique Centrale avant de célébrer la diaspora africaine dans son ensemble.

© Sènami Donoumassou

© Fatoumata Diabaté

Image d’ouverture © Sènami Donoumassou