La galerie parisienne Les filles du calvaire vient d’annoncer l’ouverture d’un nouvel espace ainsi que l’arrivée de quatre nouveaux·elles artistes parmi celles et ceux représenté·es : Frances Goodman, Maya Inès Touam, Jérémie Cosimi et Levi van Veluw. Visitez le site flambant neuf pour suivre toutes les actualités !

© Maya Inès Touam

Maya Inès Touam, voix de la diaspora nord-africaine

Née en France de grand-parents algérien·nes, Maya Inès Touam se nourrit de son expérience de fille et petite-fille d’émigré·es pour interroger les notions de mémoire, de déracinement, d’intimité et d’étrangeté. Car autour des rives de la Méditerranée, les identités se rencontrent tout autant qu’elles se séparent. La photographe incarne une génération d’artistes qui abordent la question de la diaspora de plusieurs points de vue, qu’il s’agisse de celle nord-africaine ou de celle sub-saharienne. Son travail reprend des codes de l’art occidental pour les enrichir et les détourner en les mélangeant à ceux de l’art algérien. Diplômée des Beaux-arts de Paris depuis 2013, elle mène une recherche à la fois anthropologique et onirique, à partir de différents supports – photographie, dessin, sculpture – en utilisant des objets personnels comme symboliques. Dans l’exposition collective à venir, elle présentera sa série Icar, le revenant, réalisée en 2020. Dans ce travail, elle se réapproprie à sa guise l’univers d’Henri Matisse. « Icar est une œuvre iconique et très énigmatique. Ce corps ondulant perdu entre ciel et mer, me rappelle le poème l’Albatros de Baudelaire, mais également la cérémonie Egungun découverte au Bénin, explique la photographe sur Instagram. En observant la torsion du personnage central, j’ai immédiatement pensé aux danses transcendantales vaudou. Les costumes confectionnés pour l’occasion font également référence à des figures d’animaux à l’image du déploiement de ces bras arrondi aux aires d’ailes d’oiseau. »

Dans la série, la photographe insère ce personnage au sein de l’univers du peintre, comme une métaphore : Icare est un exilé perdu dans un moment figé. Un travail poignant, qui célèbre et honore la mémoire des défunt·es, à l’image des rituels vaudou auxquels l’artiste se rattache. « Icar, Le revenant questionne les histoires liées aux déplacements, ce que ces gens quittent et ce qu’ils ramassent pour se reconstruire mais cette photo met aussi en lumière celles et ceux qui ne peuvent plus rien dire, perdu·es en mer », conclut l’artiste.

© à g. Jérémie Cosimi, à d. Frances Goodman

© à g. Maya Inès Touam, à d. Levi van Veluw

Image d’ouverture : © Maya Inès Touam