Qu’il soit introspectif ou politique, symbolique ou véritable, l’exil ne cesse d’habiter les artistes. La preuve en images avec les lauréats du concours Sentiment d’exil organisé par Fisheye et Rencontres Photographiques du 10e.

Maxime Franch

« En 2012, l’INSEE estimait à 143 000 le nombre de sans domicile fixe en France. Aucun nouveau recensement national n’a été fait depuis cette date. Le collectif  Les Morts de la Rue a quant à lui recensé 566 décès de sans-abri en 2018 », explique Maxime Franch. En photographiant Les invisibles, il recentre l’attention sur ceux qu’on ne regarde pas, « ceux à qui l’on offre un sourire gêné, et même parfois une pièce, ceux que l’on oublie vite ». En utilisant le principe de la photo d’identité, Maxime Franch propose une confrontation à l’autre. « Celle-ci est une preuve que l’on existe à part entière dans la société. À travers ces cadrages frontaux, ils nous font face », précise-t-il. Impossible de ne pas les voir, ils sont désormais visibles. Un souffle d’humanité.

Il remporte un tirage encadré offert par Picto, un catalogue des Rencontres du 10e, un abonnement d’un an à Fisheye, et un Photobook Vol. 3

© Maxime Franch

Agathe Lippa

Cette image très graphique a séduit le jury. Son auteure ? Agathe Lippa. En une seule image, la photographe est parvenue à croiser plusieurs niveaux de lecture et symboles. « Ce qui m’intéresse dans la photographie ? Ce n’est pas le pouvoir de reproduire, mais celui de créer, ou de sublimer le « réel » », confie la photographe. Rêveuse et curieuse, Agathe Lippa aime tout particulièrement décontextualiser et détourner les éléments, pour surprendre, et initier une réflexion. Elle offre ainsi un autre regard sur le monde.

Elle remporte un tirage encadré offert par Picto, un catalogue des Rencontres du 10e, un abonnement d’un an à Fisheye.

Désert de Yazd, Iran, mai 2018 © Agathe Lippa

Tami Notsani

« Des centaines de fois, je suis passée devant ce paysage aux allures romantiques en pensant qu’il s’agit de ruines romaines. Une fois la photo agrandie, j’ai compris. Il s’agissait en fait des ruines d’un village palestinien, évacué sous la contrainte en 1948, nommé Aoucheh, en Galilée, où vivaient 460 personnes. (Image de gauche) Nous l’avons  découvert depuis la route en 2010, en bas de Ya’ad, un village israélien en Galilée. Pourtant ce cimetière était là depuis longtemps. Peint en blanc par les familles des habitants de l’ancien village arabe Mi’ar. Les premières traces du village datent du temps des Canaans, mais c’est le seul édifice qui reste après la fuite des habitants face aux forces armées juives en juillet. Enfants, nous venions juste à côté cueillir des cèpes l’hiver. Comment se fait-il que je ne découvre cette histoire qu’aujourd’hui ? (Image de droite) », confie Tami Notsani, qui a choisi de montrer un exil pluriel – visible et invisible, lié à un territoire, et à une histoire.

Elle remporte un tirage encadré offert par Picto, un catalogue des Rencontres du 10e, et un Photobook Vol. 3

Comme beaucoup de choses dans ce pays © Tami Notsani

Coup de cœur du jury : Camille Carbonaro

© Camille Carbonaro