Le photographe mexicain Ernesto Solana explore à travers ses projets la « connexion intrinsèque entre l’être humain et la nature ».

Se considérant comme un collectionneur passionné, l’artiste a fait de la photographie son métier, après avoir pris des cours à l’International Center of Photography (ICP) de New York. Ses œuvres à la croisée des arts – associant image et sculpture – sont inspirées de ses promenades quotidiennes. « Tous les jours, je capture mon environnement et ramasse des objets naturels et artificiels, que je réinterprète ensuite dans mon studio », explique l’artiste. Après avoir documenté l’ère anthropocène et ses conséquences dans Systema Artificialis, Ernesto Solana s’est mis à construire des « figures totémiques » composées de matériaux organiques et de productions humaines, construites de manière à n’être lisibles qu’en 2D.

La couverture de ce numéro en est le résultat. « Le colibri sur l’image est mort en se cognant à une fenêtre. Je lui ai donc confectionné un piédestal », confie-t-il. Un symbole de cette rencontre entre monde sauvage et monde humain, et leur interaction périlleuse. Dans Earthly Becoming, son dernier projet, Ernesto Solana figure sa douleur de vivre dans un monde mourant. En juxtaposant nature et structure, il dénonce l’absence de lien entre homme et environnement, et souligne la nécessité de percevoir le paysage comme une extension de nous-mêmes.

Vidéo : © Nina Peyrachon

© Ernesto Solana