L’édition 2.0 du site Elles x Paris Photo est en ligne ! Paris Photo et Fisheye continuent à offrir plus de visibilité aux femmes photographes. Chaque mois : deux nouvelles interviews – l’une écrite, l’autre vidéo. Aujourd’hui, Laia Abril et sa déconstruction immense de l’Histoire de la Misogynie !

En novembre 2020, Paris Photo et le ministère de la Culture, en association avec Fisheye Magazine, lançaient un site web dédié à Elles x Paris Photo – un parcours physique et numérique mettant en avant les artistes féminines présentes au cœur de la foire. Une manière de leur donner la parole, à travers des interviews écrites et vidéo. Pour faire suite à la présentation de Valérie Belin le 8 mars dernier, nous présentons aujourd’hui le travail de Laia Abril !

Sophie Calle, Taryn Simon, Teresa Margolles, Barbara Kruger, Ana Mendieta ou encore Helena Almeida : nombreuses sont les femmes photographes qui ont laissé leur empreinte sur l’œuvre de Laia Abril. Née en 1986 à Barcelone, l’artiste a d’abord étudié le journalisme à l’université, avant de s’envoler pour New York et de se consacrer à la photographie. Elle développe aujourd’hui une œuvre pluridisciplinaire et engagée, explorant des thématiques intimes telles que la sexualité, les troubles de l’alimentation ou encore le genre et ses inégalités. Au cœur de ses recherches, c’est le statut de la femme et son rôle dans l’art qui sont interrogés.

« Il existe un regard patriarcal prédominant. Souvent, des femmes ont été forcées d’adopter « le regard du statu quo », car c’était le seul accepté, enseigné, récompensé et normalisé. Et lorsqu’elles faisaient quelque chose de différent, elles n’arrivaient pas à vendre leurs œuvres », explique Laia Abril. Mais depuis 2016, elle parvient à construire A History of Misogyny, un projet immense et au long cours, qui vient définitivement bouleverser les esprits. Divisée en plusieurs chapitres poignants, « On Abortion », « On Rape » et « On Mass Hysteria », l’œuvre met en lumière le contrôle systémique du corps de la femme – à travers le temps et les cultures. Et début mars, le premier volet est rentré dans les collections du Musée d’Art Moderne Centre Pompidou. Un geste fort dans la lutte pour la représentation de la femme « car l’objectif de ce travail est de ne jamais oublier que nos droits auront toujours besoin d’être protégés », explique l’artiste.

 

Un entretien à découvrir sur le site Elles X Paris Photo.

© Laia Abril / Courtesy Les Filles du Calvaire

© Laia Abril / Courtesy Les Filles du Calvaire