Le Festival Photo La Gacilly et Fisheye viennent d’annoncer les finalistes du Prix Nouvelles Écritures de la Photographie Environnementale. En lice, quinze photographes qui ont à cœur de témoigner des changements climatiques actuels.

Pour la septième année consécutive, le Festival Photo La Gacilly et Fisheye s’associent dans le cadre du Prix Nouvelles Écritures de la Photographie Environnementale. L’objectif ? Récompenser les talents émergents qui, au travers de leur médium, sensibilisent les publics aux changements climatiques. À l’occasion de cette édition 2022, nombreux sont les auteur·e·s à avoir répondu présent à l’appel – plus de deux cents candidatures ! Hier, le pré-jury a désigné ses quinze finalistes. Toutes et tous se distinguent dans leur façon de percevoir le monde, et soulèvent les enjeux écologiques de nos sociétés. Les trois lauréat·e·s du prix seront récompensé·e·s en février. Entre autres choses, le festival La Gacilly produira et exposera leurs projets au cours de prochaines manifestations. Ils ou elles bénéficieront également d’un accompagnement sur l’intégration au marché de l’art par la Fisheye Gallery.

En attendant l’annonce du résultat, découvrez les projets des quinze photographes présélectionné·e·s !

Chloé Azzopardi

Une infinité de poissons qui nagent dans une étendue d’eau claire, des arbres, des insectes qui évoluent sereinement au contact d’êtres humains, des fleurs. C’est cet harmonieux écosystème qui inspire Chloé Azzopardi. Au travers de ses clichés, la photographe célèbre ainsi un univers apaisé où il fait bon vivre.

© Chloé Azzopardi

Lucas Castel & Mathilde Mahoudeau

Situé aux confins de l’Ariège, le village de Salau livre un vigoureux combat contre l’État. Un exploitant a obtenu leur aval : une mine de tungstène rouvrira bientôt. Aussi Lucas Castel et Mathilde Mahoudeau ont-ils décidé de documenter cette lutte. Car ce projet photographique et sonore ne rend pas seulement compte de la réalité d’une région, il soulève également des problématiques d’ordre national.

© Lucas Castel et Mathilde Mahoudeau

Romain Champalaune

La Suisse, le Tchad, les Pays-Bas, la Colombie, le Royaume-Uni, le Kazakhstan… Romain Champalaune a parcouru le vaste monde dans lequel Glencore – entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières – officie. Dans ces régions surexploitées, traders s’opposent alors à la précarité sociale, financière, mais également sanitaire.

© Romain Champalaune

Alix Galdin

Dans sa série Exposome, Alix Galdin donne à voir l’invisible perfide, celui qui, sans un mot, insuffle d’autres maux létaux. Grâce aux altérations de l’émulsion photographiques, les clichés argentiques nous plongent finalement dans une dystopie qui interroge notre façon d’appréhender un environnement devenu délétère.

© Alix Galdin

Jonas Kako

Le fleuve Colorado se meurt. Et sa disparation entraîne également celle de locaux, les Cucupá, qui jusque lors vivaient de pêche et d’eau fraîche. Dans The Dying River, Jonas Kako dépeint le quotidien d’un peuple affamé et épuisé par des métropoles assoiffées de grandeurs et vanités.

© Jonas Kako

M’hammed Kilito

D’ici peu, les oasis ne seront plus que des mirages, les souvenirs de paradis verts en plein cœur du désert. Pourtant, ce problème demeure méconnu du grand public. C’est la raison pour laquelle M’hammed Kilito cherche à sensibiliser l’opinion quant à cette extinction des plus préoccupantes.

© M’hammed Kilito

Antoine Kremer

Origine des dieux incas ou source d’eau potable des autochtones, les glaciers colombiens sont voués à la fonte. Avec eux, toute une myriade d’espèces endémiques s’élèvera alors par-delà les sommets pour rejoindre les cieux. Mais tout n’est peut-être pas encore perdu. Ainsi Antoine Kremer tient-il d’autant plus à alerter les populations locales qui ignorent l’importance de ces neiges censées être éternelles.

© Antoine Kremer

Paul Lemaire

Au travers de sa Terre aux fruits d’or, Paul Lemaire nous livre le récit des planteurs de cacao ivoiriens. Pour survivre en gagnant une misère, ces derniers sont contraints de détruire leur luxuriante forêt primaire et s’exposent aux grands dangers des produits phytosanitaires.

© Paul Lemaire

Marie Lukasiewicz

La dimension sacrée des coraux n’est plus. Si ces êtres polymorphes fascinaient par le passé, la pollution les consume un peu plus chaque jour. Marie Lukasiewicz leur rend hommage en démontrant les limites du genre humain – ces êtres d’une nature autodestructrice.

© Marie Lukasiewicz

Alisa Martynova

Oscillant entre un rouge sanguin et un bleu froid, la palette de couleurs d’Alisa Martynova suscite l’urgence et l’effroi. Dans sa série Nowhere Near, ses sujets semblent esseulés dans des paysages incertains, très loin du confort d’un environnement paisible.

© Alisa Martynova

Alice Pallot

D’anciennes usines de zinc ont détruit la végétation sur plusieurs hectares. En plein cœur de la Belgique, un désert de sable blanc. Derrière ce scénario catastrophe signé Alice Pallot se cache néanmoins un message porteur d’espoir. Car si des conifères ont été replantés pour éviter l’ensablement, un champignon résistant au métal est venu protéger les arbres de l’écotoxicité. La preuve qu’à l’unisson, tout est encore possible.

© Alice Pallot

Oleksandr Rupeta

Dans The Bounded Nature, Oleksandr Rupeta explore la façon paradoxale dont nature et êtres humains interagissent entre eux. Car si ces derniers l’accueillent désormais à bras ouverts dans les villes bétonnées, ils n’ont de cesse de la faire souffrir dans les contrées reculées.

© Oleksandr Rupeta

Adrienne Surprenant

À travers ses différents tirages, Adrienne Surprenant témoigne des ravages d’un aspect bien connu des dérèglements climatiques : la montée des eaux. Un phénomène inquiétant qui modifie drastiquement le mode de vie des populations locales

© Adrienne Surprenant

Maxime Taillez

Limite physique ou naturelle qui sépare des États. Bon nombre d’entre nous définiraient le terme « frontière » de cette façon. Or, l’avènement de la mondialisation et de l’espace Schengen tendent à les annihiler. Dans son projet, Maxime Taillez propose ainsi d’en esquisser de nouveaux contours, bien plus proches de la réalité.

© Maxime Taillez

Laure Winants

Dans les monts enneigés, Laure Winants mène une enquête. À la recherche de traces et d’indices, elle se plaît à prélever divers éléments du paysage pour mieux les interroger. Une façon ingénieuse de mettre un coup de projecteur sur les moteurs invisibles des mutations climatiques.

© Laure Winants

Image d’ouverture © Maxime Taillez