Cette semaine, dans « Regardez voir » sur France Inter, la journaliste Brigitte Patient s’entretient avec deux femmes : Charlotte Abramow, qui nous parle de la sortie de son premier ouvrage, Maurice, Tristesse et rigolade, et Emilia Genuardi, qui présente le salon photographique Approche.

Charlotte Abramow est l’invitée de Brigitte Patient, présentatrice de l’émission « Regardez voir » sur France Inter, et elle évoque la sortie de son ouvrage Maurice, Tristesse et rigolade, publié aux éditions Fisheye. Ce livre est, pour la jeune photographe, un hommage à son père, médecin, chercheur et personnage haut en couleur. En 2011, la famille de Charlotte Abramow apprend que Maurice a un cancer. Après une opération, il tombe dans un coma, qui lui causera des séquelles neurologiques et cérébrales. À son réveil, Maurice n’est plus le même.

Divisé en chapitres, l’ouvrage de l’artiste mêle photographies documentaires, mises en scène et surréalisme. Une histoire atypique de son père, combattant les séquelles du coma. « Ces chapitres illustrent les différentes chambres de son cerveau, explique Charlotte. C’est ma représentation de ce qu’il avait dans sa tête. » Au fil des images, Maurice et Charlotte Abramow dévoilent leur complicité. Une déclaration d’amour d’une fille à son père, décédé peu avant la fin du projet. Un objet magnifique et poignant, en vente sur le site de la Fisheye Gallery.

© Charlotte Abramow

Des artistes qui s’emparent du médium photographique

Focus ensuite sur Approche, un jeune salon, qui ouvre ses portes pour la seconde fois, du 9 au 11 novembre 2018. Alors que Paris Photo et le Salon de la photo battent leur plein, Approche s’impose comme un événement plus intime. « Un salon à taille humaine, plus intime qu’une grande foire, et construit comme une exposition », précise Emilia Genuardi, directrice artistique de l’événement, aux côtés d’Elsa Janssen.

Le parti pris d’Approche ? « Montrer des artistes qui s’emparent du médium photographique », explique Emilia Genuardi. Au micro de « Regardez Voir », elle revient sur la collaboration de Thomas Sauvin – un artiste collectionneur de photos d’anonymes chinois datant des années 1930 à 1980 – et Kensuke Koike – un artiste japonais spécialisé dans le collage. « En 2014, Thomas a acquis le cahier d’un étudiant en photographie qui s’essayait au portrait, et il l’a donné à Kensuke, qui a revisité ces photos à travers des découpages, raconte la directrice artistique. Il s’agit là d’une décomposition de l’image minutieuse et mathématique. »

© Kensuke Koike & Thomas Sauvin

© à g. Ruth Van Beek, à d. Juliana Borinsky

© Emmanuelle Fructus