Cette semaine, Brigitte Patient donne la parole à quatre photographes sociaux. Qian Haifeng photographie le « train vert » chinois, Isabel Munoz s’intéresse aux grands singes et Andrea Santolaya et Pierre de Vallombreuse documentent la vie des peuples autochtones.

Brigitte Patient s’intéresse d’abord à Qian Haifeng, un photographe chinois, qui commence la photographie en 1995, à la naissance de sa fille. Une passion qui ne devient pas son métier, puisqu’il est, à ce jour, électricien. Ce travail le conduit à utiliser le « train vert », le moyen de transport des classes populaires. Ces trains, très lents, avancent dans des conditions déplorables. « Il n’y a pas de climatisation ni de chauffage à l’intérieur », explique Qian. Cependant, le prix bas des billets attire toujours les populations pauvres du pays. C’est une bulle à part, un endroit dans lequel de petites sociétés se forment, et évoluent. Un univers que le photographe capture depuis une dizaine d’années.

Parole à Isabel Munoz et Andrea Santolaya, ensuite, deux photographes espagnoles et amies proches. Isabel revient sur Album de famille, une série photographique inspirée par la quête d’un lien qui unirait les hommes. « Ce lien, ce sont les grands singes. J’ai découvert tellement de choses à travers eux », confie la photographe. Andrea, elle, évoque Waniku, « Où l’eau gronde », une série de photo documentant une tribu, « le peuple de l’eau », qui existe encore aujourd’hui. « Waniku signifie lune », explique-t-elle. Une lune qui régit les mouvements des marées, et qui guide cette tribu. « Je souhaitais montrer l’énergie et l’origine d’un monde différent du nôtre », conclut Andrea.

© Qian Haifeng

© à g. Isabel Munoz, à d. Andrea Santolaya

© Andrea Santolaya

Rencontre ensuite avec Pierre de Vallombreuse, un photographe qui s’engage à témoigner auprès des minorités ethniques menacées. Alors qu’il voyage au coeur de Bornéo, Pierre explique qu’il a une révélation : « au lieu d’imaginer des histoires, je vais les vivre, et la photo me permettra de les raconter ». Au micro de Brigitte Patient, il revient sur ce qui forme un reportage honnête : raconter une histoire, prendre le temps d’apprendre à connaître les gens, ne pas créer de mises en scène…
5000 peuples autochtones existent à travers le monde, et Pierre de Vallombreuse en a photographié 43. Un travail considérable, constituant une collection d’environ 150 000 photos, un fond à la fois anthropologique, ethnographique et historique.

Enfin, il évoque son séjour de 4 ans chez les Palawan, au sud des Philippines. Un peuple qu’il admire. « Ils ont la plus belle philosophie que j’ai jamais rencontrée », explique-t-il. Une justice se basant sur l’énonciation et non la punition, et une société où chacun est responsable de ses actions.

© Pierre de Vallombreuse