© Yougo Jeberg.

À faire

1. Le mot a été inventé par Federico Fellini pour les besoins du film qu’il tournait alors à Rome, La Dolce Vita. Pour désigner le jeune photographe qui accompagne le personnage de Marcello Mastroianni, Fellini contracte « pappataci » (petits moustiques) et « ragazzi » (jeunes hommes), et crée le paparazzi. Chasseur en noir et blanc sur la Croisette des années 1960, vampire aux dents longues à la poursuite de Lady Di en 1997 ou mercenaire en maraude à Hollywood, le paparazzi est à l’origine d’un véritable phénomène de société – un phénomène que l’exposition organisée par le Centre Pompidou-Metz met en lumière au travers de quelque 100 photographes et 600 clichés.

« Paparazzi ! », jusqu’au 9 juin. Centre Pompidou-Metz, 1, parvis des Droits-de-l’Homme, 57000 Metz. 

Mick Jagger et Arnold Schwarzenegger, Hôtel du Cap, Antibes, 1990. © Jean Pigozzi.

 

2. Barbu, le regard au loin, capturé par l’objectif de son pote Théo Gosselin lors d’un road trip américain, il s’affichait en couverture du premier numéro de Fisheye (la couv’ jaune !) en juin 2013. Peu de temps après, un portfolio de ses images ramenées d’un voyage en Espagne trouvait son chemin dans notre second numéro (la couv’ rouge). À l’occasion de la sortie de Passengers, le livre de ses photos américaines et espagnoles, Yougo Jeberg revient sur le devant de la scène, le temps d’une exposition parisienne.

« Passengers », de Yougo Jeberg, jusqu’au 8 mars. Vernissage le 28 février à partir de 19 h. Espace Quinzequinze, 56, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 75003 Paris.

© Yougo Jeberg.

 

3. Pendant l’été 2011, Jérôme Brézillon sillonne les États-Unis. Par la fenêtre des trains qui l’emmènent à travers l’Amérique de Kerouac et de Dylan, il photographie villes, prairies et montagne. Deux ans après la disparition du photographe, emporté par un cancer en mars 2012, les photos de cet ultime périple sont aujourd’hui regroupées dans l’ouvrage On Board, à paraître le 5 mars aux éditions Textuel. Pour l’occasion, le Bal organise une projection en hommage à l’homme et aux grands espaces.

Projection hommage à Jérôme Brézillon, le 5 mars à 20 h. Le Bal, 6, impasse de la Défense, 75018 Paris.

© Jérôme Brézillon.

 

À lire

« Je suis connu pour prendre des photos très proches, et plus je vieillis, plus je me rapproche. » Photographe à Magnum, l’Américain Bruce Gilden saisit au vol et au flash des visages et des regards. À Brooklyn, à Haïti ou à Tokyo, son appareil ultra-rapide et son approche fougueuse ont révolutionné la photographie de rue. Une influence durable qui lui vaut aujourd’hui une intronisation au sein de la collection Photo Poche.

« Bruce Gilden », préfacé par Hans-Michael Koetzle. Coll. Photo Poche, éd. Actes Sud, 13 €, 144 pages.

 

À cliquer

1. En 2012, les photos trashy de Sameet Sharma étaient partout dans la presse pop culture. Avec un argentique ultra-rapide, crade et quasi automatique, le jeune photographe immortalisait les soirées passées avec ses potes dans les rues de San Francisco, le skate, les nanas et la coke, les types qui pissent et vomissent, les flics qui tabassent et embarquent. De six mois d’études dans une petite ville de Suède, il ramène aujourd’hui une nouvelle série de photos où se mêlent sans distinction filles ivres mortes et chiens de traîneaux. Son travail sera exposé le 1er mars prochain dans une galerie de San Francisco, avant d’être publié dans un livre, Hej, vendu en ligne.

© Sameet Sharma.

 

2. Juché sur de grosses cylindrées, un gang de femmes voilées de couleurs psychédéliques écume les photos du Marocain Hassan Hajjaj. Travaillant à Londres et déjà aperçu lors de Photoquai 2011, le photographe expose actuellement à New York sa série Kesh Angels – hybridation pop des Hells Angels, barbus tatoués américains, et de Kesh, le surnom de Marrakech. Au centre de leurs cadres réalisés à partir d’objets de récupération, les clichés mis en scène respirent la vie, les couleurs explosent. Les femmes photographiées jettent un regard fier et défiant sur la société marocaine et, dans une odeur de pneu cramé, mettent à mal les stéréotypes.

Rider. © Hassan Hajjaj.

 

3. Pour réaliser sa série The Legographer – un projet sur 365 jours, à raison d’une photo par jour pendant un an –, Andrew Whyte est parti en voyage accompagné de son ami photographe de quatre centimètres de haut, un personnage Lego. Jour après jour, à Londres, à Brighton ou à Portsmouth, le photographe prend en photo le petit explorateur à l’aide de son iPhone 4s équipé des applications 645Pro et Snapseed. Chérie, j’ai rétréci le photographe !

An eye for London. © Andrew Whyte.

C.T.