Crise sanitaire mondiale, violences policières, injustices sociales… Si l’année 2020 marquera les esprits comme une période particulièrement difficile, elle a aussi vu naître des mouvements sociétaux prometteurs, une créativité sans limites, un désir d’égalité, et de liberté contagieux. Initiatives engagées, expositions atypiques ou encore publications remarquables… Retour sur douze mois qui resteront ancrés dans nos mémoires.

Janvier

  • La Fisheye Gallery accueille The Absence of Two, série du photographe japonais Akihito Yoshida. Un travail poignant sur les liens qui unissent les êtres.

© Akihito Yoshida / Fisheye Gallery

Février

© Sebastião Salgado

« Il est temps de donner aux artistes femmes la place qu’elles méritent », déclarait Florence Bourgeois, directrice de Paris Photo à l’occasion du lancement d’Elles X Paris Photo. Ce parcours digital mettant en lumière une quarantaine de photographes femmes s’est imposé comme l’un des moments marquants de cette année 2020. En parallèle, une étude du Ministère de la culture, réalisée notamment par Marie Docher a révélé, grâce à des chiffres, l’ampleur des discriminations de genre. Suite à la restitution de leur Observatoire de la mixité – un outil visant à observer, et comprendre les inégalités dans le milieu photographique – les Filles de la photo ont lancé quant à elles en février, un appel à candidatures pour un mentorat destiné à aider des auteures à évoluer dans un monde biaisé. Cinq lauréates participeront à cette première édition. En juin, Irène Jonas réalise, pour le collectif La part des femmes une étude sociologique sur le parcours des femmes photographes. Un document révélant des injustices tenaces. Quelques mois plus tard, alors que la crise sanitaire contraint les lieux culturels à annuler leurs expositions, le festival Les femmes s’exposent maintient sa programmation. Une série d’actes significatifs marquant une volonté de chambouler l’ordre établi.

© Laia Abril / Courtesy Les Filles du Calvaire

Mars

© Margaux Senlis / Circulation(s) 2020

Autre temps fort de cette année passée, la crise sanitaire engendrée par la Covid-19. Une crise qui a largement impacté le milieu du 8e art et qui a révélé ô combien d’inégalités. Cette situation inédite a demandé aux artistes comme aux travailleurs des milieux culturels force, adaptation, et réinvention. La rédaction Fisheye a, et continue de relayer les actualités ou propositions artistiques plus ou moins liées à la crise de la Covid-19 : sujets directement inspirés par nos nouveaux modes de vie confinés, et autres séries symboliques. Créer, c’est résister. Nous n’en avons jamais été aussi convaincus.

Avril

© Morvarid K

Mai

© Philipp M Czampiel, en collaboration avec Célia Wagner / Instagram

Juin

© à g. Christine Delory Momberger / Agence Révélateur, à d. Alex Huanfa Cheng

Juillet

  • Les Rencontres d’Arles se voient contraintes d’annuler leur édition 2020
  • The Analog Club publie Patience, un journal grand format rassemblant les œuvres de 50 photographes internationaux. Un projet dont les bénéfices reviennent au fond d’urgence Covid-19 de la Croix-Rouge.

© à g. Sergey Neamoscou, à d. Doug Robichaud

Août

  • Nouvelle institution culturelle, la Villa San Francisco souhaite instaurer un dialogue franco-américain, tourné vers l’avenir.
  • Le VR Arles Festival et l’Institut français organisent un atelier d’écriture intensif, réservé aux créateurs de réalité augmentée.

The Upending de Raphaël Penasa, photo de © Jaouen Salaun

Septembre

© Joséphine Parenthou

Octobre

© Frank Horvat

Du mouvement planétaire contre le racisme systémique avec « Black Lives Matter », aux soulèvements en France pour s’opposer à la loi Sécurité Globale, l’année 2020 a été marqué par les mouvements contestataires. Au centre, les photographes, et plus largement les métiers de la culture, luttent pour témoigner des injustices sociales, et riposter contre une privation graduelle de la liberté d’expression. La flamme attisée par les Gilets Jaunes, il y a déjà deux ans, perdure encore et s’intensifie au rythme des nouvelles mesures gouvernementales. Des ouvriers aux étudiants, en passant par les infirmiers et les avocats, les luttes se multiplient dans la rue, où les revendications sonnent l’alarme d’un monde en perdition. Violences policières, discriminations raciales, censures de l’image… Intimement politique, la photographie jouera toujours un rôle majeur dans la dénonciation de ces inégalités.

© Boby

Novembre

© Charlotte Abramow

Décembre

© FLORE / Courtesy Maison CF

Enfin, année unique, 2020 a conduit les photographes à imaginer de nouvelles manières de créer. Au cours des derniers mois, nous avons lancé plusieurs concours, permettant aux auteurs de s’exprimer, malgré les contraintes du confinement. Faire de l’art à la maison, capturer les ombres et lumières, revivre ses plus beaux souvenirs de voyage, ou présenter son quartier... Les auteurs ont su nous émouvoir, nous étonner grâce à l’image.

© à g. Pierre Jean Manuel, à d. @psycho.moustache