« J’ai favorisé, dernièrement, le noir et blanc. J’avais l’impression que je prenais trop d’images de “rien” – le coin d’une grange, une fleur, un nuage, l’océan… Ces détails qui, baignés dans la lumière crépusculaire, deviennent enivrants. Si le monochrome peut aussi être un “raccourci”, j’ai découvert qu’il me permettait de me concentrer sur les formes et compositions. Je shoote en pellicule noir et blanc, mais le viseur est en couleur. Il y a donc une grande différence entre ce que je vois sur le moment, et le résultat, dans la chambre noire. J’aime cette dimension surprenante », raconte Samuel Bradley.  D’abord passionné par les reportages de guerre, le photographe britannique s’est finalement tourné vers la mode. Une discipline qui l’a poussé à considérer l’impact du 8e art sur sa propre personne. « La mode rend les auteurs impatients. Elle peut conduire à une vision performatrice du shooting », précise-t-il. Alors, entre commandes et projets plus personnels, l’artiste érige un univers où la splendeur rencontre la nécessité de prendre du recul. Un espace hors du temps, où les corps se rencontrent, et les paysages fusionnent, où Samuel Bradley est libre d’explorer des thèmes qui lui tiennent à cœur : « la masculinité, la nature, mais aussi le folklore et les traditions ». Et, figés en plein mouvement, ses modèles semblent, eux aussi, chercher une liberté salvatrice, loin des codes établis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Samuel Bradley