Au km 0 du Danube, le vieux phare de Sulina n’est plus qu’un symbole. Porte orientale de l’Union Européenne depuis l’adhésion de la Roumanie en 2007, il n’éclaire plus un seul cargo. Au début du siècle dernier, la Mer Noire s’est retirée en contrebas, découvrant quelques parcelles de terrains en friche autour de l’édifice. Au même moment, la Commission Européenne du Danube s’en allait, et avec elle une pléiade de négociants turcs, grecs, allemands, français, lipovènes russes et casaques ukrainiens. Dix consulats ont descendu leur drapeau. Le français a perdu son rang de langue officielle et la Roumanie a repris ses droits sur ce territoire déserté. Depuis, la ville n’a cessé de croire en sa rédemption. Julien Pebrel est né en 1983 et est basé à Paris. Photographe indépendant, il est membre et co-directeur de l’agence MYOP.

Le 247