Lorsqu’une femme indienne se marie, elle devient la propriété de sa belle-famille et n’appartient plus à la sienne propre. Ancestralement, si l’époux mourrait, elle devait le suivre dans l’au-delà. La Sati est l’acte des veuves hindoues s’immolant sur le bûcher funéraire de leurs maris afin de remplir leur rôle d’épouse. L’interdiction de cette pratique séculaire en 1829 n’aura pas suffi à changer le quotidien des femmes… Les photographies de Floriane de Lassée synthétisent, dans une composition recherchée, des éléments symboliques et acquièrent une profondeur qui provoque l’introspection, la méditation. Le caractère allégorique du feu à la fois purificateur et passeur, la lumière crépusculaire qui correspond à l’heure de la réflexion, le decorum empreint de solitude, tout invite à la prise de conscience des combats à mener pour le respect des libertés individuelles à l’échelle de l’humanité. Floriane de Lassée est ainsi parvenue à témoigner, non sans poésie, de la condition féminine alarmante.

Galerie Particulière