Que l’on ne s’y trompe pas, encore une fois, Zoulikha Bouabdellah tisse ici la toile de ces obsessions qui l’accompagnent depuis longtemps : la place de la femme, la liberté, le désir, l’amour, l’Homme, l’engagement que tous ces principes imposent à une femme, jeune et d’origine musulmane. Ceux qui voudront s’emparer de ce titre-manifeste pour en faire un objet de polémique, de dénonciation de l’islamisme se tromperont encore une fois. Car, en grossissant le trait pour le rendre lisible nous dirions que Bouabdellah s’interroge: la femme a-t-elle la liberté de son désir? La censure – masculine, sociale et religieuse et dans toutes les sociétés – ne réprime-t-elle pas la simple pulsion féminine? quel désir pour la femme? Quelle liberté d’en user?  La transgression, apanage de l’artiste, devient donc le moteur de son approche artistique mais avec toute la subtilité de la femme et se jouant des atours et des attributs féminins interrogent à la fois l’histoire et la tradition…

Galerie Mathias Coullaud