L’exposition Le Serpent Noir de Cécile Hartmann, présentée à la MABA du 31 janvier au 18 avril 2021 mais prévue initialement au printemps 2020, trouve plus de sens encore depuis son report. Questionnant la violence s’exerçant sur les peuples autochtones et sur leurs terres ravagées par l’exploitation pétrolifère, elle offre un écho plus prégnant dans le contexte de la Covid-19, une zoonose qui s’est développée avec la dégradation de l’environnement.
Ce projet inédit de Cécile Hartmann se déploie ainsi autour de la métaphore du serpent noir : le pipeline géant Keystone qui transporte quotidiennement plus de 700 000 barils de résidus impurs, depuis les exploitations à ciel ouvert de l’Alberta, en passant par les réserves indiennes, souillant les terres et les réserves d’eau et engendrant des dégâts écologiques sans précédent. Le film, Le Serpent Noir (2018-2020), suit le flux invisible du pipeline et constitue le cœur du projet, depuis lequel se déploient en rhizome photographies, éléments sculpturaux, wall paintings et sérigraphies.

Image extraite du film Le Serpent Noir (Sacred Stones, South Dakota), 42′, couleur et n&b, Cécile Hartmann 2020, courtesy de l’artiste. Production Fondation des Artistes

MABA – 16, rue Charles VII, 94130 Nogent-sur-Marne