Au cours de ses errances, Boyer photographie des fragments urbains vides de toute figure humaine, selon une approche du réel dépourvue de toute finalité documentaire. Murs, sols, éléments abandonnés : ce n’est pas le sujet ni le sens projeté par Adrien Boyer qui l’emportent dans ses photographies, mais les correspondances entre les lignes, les formes et les couleurs, qui nous prennent aux yeux comme une force brute. Animé par la volonté de restituer « l’émotion première associée à l’esthétique pure, débarrassée de toute intention ou interprétation » qu’il a ressentie face à l’équilibre fragile d’un ordonnancement des formes, il parvient à en isoler la beauté avec un grand sens du cadre et de la composition. Il sculpte ainsi dans l’épaisseur du monde des photographies à l’esthétique minimaliste, au sein desquelles les matières et les éléments dessinent de larges aplats colorés aux références picturales assumées. Nicolas de Staël, Edward Hopper et Mark Rothko figurent ainsi parmi les maîtres d’Adrien Boyer, dont les photographies, sans mise en scène sur le motif ni travaille de retouche, témoignent d’un réel pouvoir d’abstraction. (Par Diane Dufour, directrice du BAL)

Galerie Clémentine de la Féronnnière