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Prix HSBC 2017 : Et les lauréats sont…

31 janvier 2017

Photo : Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

Laura Pannack et Mélanie Wenger sont les lauréates 2017 du Prix HSBC pour la Photographie.

Le prix HSBC récompense tous les ans depuis 1995 deux talents émergents de la photographie. Chaque édition a son conseiller artistique attitré, chargé de présélectionner une dizaine de photographes qui seront soumis au Comité Exécutif HSBC. Cette année c’est María Garcia Yeló, directrice de PhotoEspaÑa — le Festival International de la Photographie et des Arts visuels — qui a eu la lourde tâche de choisir douze candidats parmi plusieurs centaines de dossiers. Et parmi eux, les deux lauréates de cette 22e édition.

Laura Pannack

Réputée pour ses travaux dans les domaines des documentaires et de la portraiture de questions sociales, Laura Pannack cherche à analyser la relation complexe entre sujet et photographe. Ses œuvres ont été largement exposées et publiées dans le monde entier. Elle a également remporté plusieurs prix internationaux ou en a été finaliste. Pour María Garcia Yeló, « l’empathie exacerbée que [la photographe] témoigne envers l’objet de son intérêt, combinée à sa capacité à trouver et à faire surgir des moments intimes et subtils de la vie quotidienne, fait de son projet Youth Without Age, Life Without Death, un poème visuel sur un monde voué à disparaître, comme il en est au final de tout monde. »

Extrait de "Youth WIthout Age, Life Without Death", © Laura Pannack

Extrait de « Youth WIthout Age, Life Without Death », © Laura Pannack

Extrait de "Youth WIthout Age, Life Without Death", © Laura Pannack

Extrait de « Youth WIthout Age, Life Without Death », © Laura Pannack

Extrait de "Youth WIthout Age, Life Without Death", © Laura Pannack

Extrait de « Youth WIthout Age, Life Without Death », © Laura Pannack

Extrait de "Youth WIthout Age, Life Without Death", © Laura Pannack

Extrait de « Youth WIthout Age, Life Without Death », © Laura Pannack

Extrait de "Youth WIthout Age, Life Without Death", © Laura Pannack

Extrait de « Youth WIthout Age, Life Without Death », © Laura Pannack

Extrait de "Youth WIthout Age, Life Without Death", © Laura Pannack

Extrait de « Youth WIthout Age, Life Without Death », © Laura Pannack

Mélanie Wenger

Photographe documentaire de l’agence Cosmos, Mélanie est journaliste de formation. Elle a choisi de raconter des histoires d’Hommes, de héros de l’ordinaire, de révéler leur profondeur au travers de l’immédiateté permanente de la photographie. Depuis 2014, elle a développé une série au long cours, dans l’intimité d’une personne âgée isolée en Bretagne, Marie-Claude, la dame aux poupées. María Garcia Yeló raconte que « la photographe a rencontré « La Dame aux Poupées » au printemps 2014, dans un coin perdu des Monts d’Arrée en Bretagne. Depuis, elle lui rend visite et la photographie avec la fascination, l’amour et la peur de celui qui découvrirait un trésor rare et fragile. Mélanie est ainsi parvenue, avec patience et tendresse, à révéler l’histoire de Marie-Claude, oubliée par la société depuis plus de 50 ans durant lesquels elle a créé son microcosme. »

En ouvrant sa porte, Marie-Claude apparaît avec une nouvelle cicatrice sur son nez. Elle n’explique pas ce qu’il s’est passé. Elle évoque une chute depuis le toit, mais c’était il y a un an. Puis :  « Quoi ? Quelle cicatrice ? Ah oui, il y a du sang ! » et la conversation reprend depuis le début. / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

En ouvrant sa porte, Marie-Claude apparaît avec une nouvelle cicatrice sur son nez. Elle n’explique pas ce qu’il s’est passé. Elle évoque une chute depuis le toit, mais c’était il y a un an. Puis : « Quoi ? Quelle cicatrice ? Ah oui, il y a du sang ! » et la conversation reprend depuis le début. / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

Un jeudi, dans la cuisine de Marie-Claude pour le petit-déjeuner. A l’aube, nous avons d’abord vidé le pot de chambre, qui n’est rien de plus qu’une bassine. Puis nous avons réchauffé le café Jean-Claude avait préparé une semaine plus tôt, dans une cafetière au pied du lit. Ce matin-là, j’ai réalisé que durant la nuit, elle avait confondu le pot de chambre avec la cafetière : « Marie-Claude, tu as pissé dans le café ?! » La maladie d’Alzheimer est la quatrième cause de décès en France. Marie-Claude, elle, n’est pas traitée contre cette maladie / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

Un jeudi, dans la cuisine de Marie-Claude pour le petit-déjeuner. A l’aube, nous avons d’abord vidé le pot de chambre, qui n’est rien de plus qu’une bassine. Puis nous avons réchauffé le café Jean-Claude avait préparé une semaine plus tôt, dans une cafetière au pied du lit. Ce matin-là, j’ai réalisé que durant la nuit, elle avait confondu le pot de chambre avec la cafetière : « Marie-Claude, tu as pissé dans le café ?! » La maladie d’Alzheimer est la quatrième cause de décès en France. Marie-Claude, elle, n’est pas traitée contre cette maladie / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

Marie-Claude joue dans son salon avec sa poupée préférée. « Elle est magnifique, n’est-ce pas ? », me dit-elle. Elle la cajole, caresse ses joues, enlève la poussière de sa robe et la remet à sa place, derrière la télé, lui ordonnant de ne pas bouger. / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

Marie-Claude joue dans son salon avec sa poupée préférée. « Elle est magnifique, n’est-ce pas ? », me dit-elle. Elle la cajole, caresse ses joues, enlève la poussière de sa robe et la remet à sa place, derrière la télé, lui ordonnant de ne pas bouger. / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

Dans la maison de Marie-Claude, à Kerberou. Marie-Claude porte trois pullovers. Le pullover du dessus, je l’ai vu s’effiler, mois après mois, jusqu’à ce que je lui en offre un nouveau. Un pullover lui dure cinq mois minimum. / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

Dans la maison de Marie-Claude, à Kerberou. Marie-Claude porte trois pullovers. Le pullover du dessus, je l’ai vu s’effiler, mois après mois, jusqu’à ce que je lui en offre un nouveau. Un pullover lui dure cinq mois minimum. / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

Dans le salon de Marie-Claude, au printemps. Elle a déterré un vieux Instamatic qu’elle a probablement chiné à une brocante. Il ne semble pas avoir servi récemment, malgré tout, elle invente plein d’histoires de photographies qu’elle aurait prises. / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

Dans le salon de Marie-Claude, au printemps. Elle a déterré un vieux Instamatic qu’elle a probablement chiné à une brocante. Il ne semble pas avoir servi récemment, malgré tout, elle invente plein d’histoires de photographies qu’elle aurait prises. / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

La maison de Marie-Claude, à l'aube. / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger

La maison de Marie-Claude, à l’aube. / Extrait de « Marie-Claude, la dame aux poupées », © Mélanie Wenger