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Coups de coeur

Les coups de cœur #117

26 décembre 2016

Photo : © Michel Guerrero

Comme chaque lundi, retrouvez une sélection des meilleures contributions envoyées par nos lecteurs. Et partagez les vôtres en nous écrivant à coupsdecoeur@fisheyemagazine.fr ! Pour participer, n'oubliez pas d'envoyer le lien de votre site web, accompagné d'une courte présentation.

Anna Broujean

Diplômée de l’ENSP d’Arles, Anna Broujean a effectué une résidence de six mois à Shangaï. Elle nous présente ici le fruit de cette immersion, The Shangai Chronicles : « Ici, on mange des têtes de canards à l’apéro et on porte son pyjama en pleine journée. Ici, ​les girlfriends jalouses jettent des chemises encore sous plastique dans des rivières où on pêche des tortues que l’on vendra encore vivantes sur des harnais au bord de la route. Ici, les moines jouent sur les smartphones cachés dans de longues manches pendant qu’on ​joue aux dés dans les boîtes de nuit. Ici, on se retrouve le jour à peine levé pour pratiquer le tai chi et la nuit tout juste tombée pour danser sur de la techno cinq chorégraphies que le pays entier connait. Ici, on dort partout, dans les musées, les supermarchés et on travaille tellement qu’il est difficile de distinguer le semi-sommeil du demi-éveil. Ici, les scientifiques greffent des oreilles humaines sur le dos de souris et ton job consiste à attendre au bas d’un escalator pour éviter que, tous absorbés à leurs selfies, des clients ne tombent. Ici, on a construit des églises romanes en carton-pâte pour presque voyager où les images d’un Jésus rose bonbon complètement étiré composent les vitraux en plastique. Ai-je bien tout compris ? Ou ai-je tout inventé ? »

© Anna Broujean

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© Anna Broujean

© Anna Broujean

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Michel Guerrero

« Cette série est née du jour où j’ai cessé de regarder la mer comme une étendue d’eau, pour la voir comme un outil de mesure du temps. Les questions de temporalités sont au coeur du projet qui hybride techniques passées et actuelles. Ce travail sur le temps commence dès le choix d’un film instantané dont je savais qu’il allait disparaître. Cette fin annoncée, met en balance le temps à l’échelle des activités humaines et le temps à l’échelle géologique compté par la mer. De même les différentes étapes qui conduisent à l’image finale : temps de la prise de vue; temps de numérisation des négatifs; temps d’impressions sur transparent; temps de la réalisation de tirages cyanotypes sont une tentative de lutter contre cette disproportion des échelles de lecture du temps. Enfin pour introduire une notion de cycle, le bleu soustrait par l’usage d’un film noir et blanc, réapparaît dans l’épreuve finale. »

© Michel Guerrero

© Michel Guerrero

© Michel Guerrero

© Michel Guerrero

© Michel Guerrero

© Michel Guerrero

© Michel Guerrero

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