CAESURA : The Duration of a Sigh

Qui sont les hommes, les femmes et les enfants, qui traversent les mers pour rejoindre nos frontières ? Le photographe grec Demetris Koilalous, 55 ans, est allé à leur rencontre. Il nous présente aujourd'hui "Caesura", un travail mené pendant un an sur l'état transitoire des réfugiés qui entrent en Grèce depuis la mer Egée, en route vers l'Europe. Demetris a saisi avec un juste recul et une empathie profonde, des récits de vie, des instants privés, intimes. Le choix du cadre est ici primordial : neutre, presque nu. Un doux silence habite ces images; une retenue, une noblesse, un vif éclat d'humanité. Le temps de poser devant l'objectif, avant de reprendre le chemin difficile de la route. Demetris a su capturer la beauté, le courage, la force, l'espoir.

Sois belle

« J’aime représenter l'être humain comme un morceau de nature plutôt que comme un objet ». Réalité et authenticité sont les deux mots d’ordre de la jeune photographe belge Annelie Vandendael. En réaction à la photographie de mode, elle met en avant l’être humain dans sa pratique photographique. Elle aime capturer la personnalité des individus et l’authenticité des corps. Car selon elle, seuls les corps authentiques peuvent nous donner une « bonne » perception de la réalité. À la fois sensibles et poétiques, ses clichés témoignent d’une possible cohabitation entre l’être humain et la nature.

Le choix à Bérengère

Chaque année, quelque 9 000 jeunes s’installent en tant qu’agriculteurs. Pourquoi font-ils ces choix de vie, aujourd’hui ? Être heureux, c’est apprendre à choisir sa voie, son métier, sa manière de vivre et d’aimer. Ces routes ne sont pas les seules, mais pour eux, ce sont les bonnes. Le choix à Bérengère c’est aussi celui de Justin, de Claire et Antoine, de Jessica et Antoine… bergers transhumants, jeunes paysans éleveurs de chèvres ou de vaches laitières. Deuxième volet de la série documentaire réalisée pour la mission photographique La France vue d’ici et lauréate de la Bourse Déclics Jeunes de la Fondation de France.

Poses naturelles

Lukas Wierzbowski est un photographe autodidacte. La photographie est devenue son moyen d'expression favori. Il essaye de capturer les relations entre ses modèles et leur environnement dans leurs formes les plus pures. Il n’aime pas planifier ses séances de shooting en avance. Résultat ? Pour lui comme pour ses modèles, chaque session photo est un voyage. Ses sources d’inspiration sont doubles : l’ambiance du lieu et l’attitude du modèle. Pour certains, ces clichés feront penser à des séquences de film, pour d’autres, ils donneront envie de profiter davantage de l'instant présent.

The Moor

« Il sortit dans la lumière grise et s'arrêta et il vit l'espace d'un bref instant l'absolue vérité du monde. Le froid tournoyant sans répit autour de la terre intestat. L'implacable obscurité. Les chiens aveugles du soleil dans leur course. L'accablant vide noir de l'univers. Et quelque part deux animaux traqués tremblant comme des renards dans leur refuge. Du temps en sursis et un monde en sursis et des yeux en sursis pour le pleurer. » Le photographe Robert Darch invoque cette citation du formidable roman, "La Route", de Cormac McCarthy, pour dépeindre l'atmosphère qu'il a créé à travers "The Moor". Ces représentations intemporelles de la lande anglaise construisent un récit dystopique. Dans la lande, il ne semble plus y avoir de limite entre la réalité et l'imaginaire; plus de frontières entre le présent et le futur.

Urban Landscape

Ici pas de plage ni palmier ni belle voiture. Gianfilippo De Rossi nous propose un regard différent de Los Angeles. Son défi ? Trouver des espaces colorés minimalistes et ce, toujours loin de la présence humaine. Il a décidé de se concentrer sur la géométrie, l’harmonie des lignes comme des couleurs. La météo californienne lui a été d’une aide précieuse car là-bas, le ciel est presque toujours bleu. A la fois photographe de rue et photojournaliste, il a été à la recherche permanente du bon endroit et du bon moment.

Inhabitants

Cette série a été réalisée en Toscane, dans le parc naturel de Casentino. Est-ce que ses frontières naturelles coïncident avec la perception qu'on s'en fait ? Après de nombreux repérages de jour, le photographe Andrea Buzzichelli a décidé d'étendre sa vision en explorant le parc de nuit. Son intention ? Montrer ce qui est normalement invisible à l’œil humain. Il nous dévoile ainsi un autre monde. À travers ses images saisissantes, l'artiste met en lumière une réalité ignorée. Celle d'une nature vivante et presque chimérique.

Cut-up

Ces fragments éclatés d'images dessinent une réalité décomposée puis reformée en un tout étrange et élégant. Machabaïd signe ici "Cut-up". Inspiré par la méthode de Bryon Gysin et les expérimentations de William Burroughs, le photographe déploie une séquence rythmée par ces formats verticaux qui troublent la lecture. Le noir et blanc évoque le souvenir, l'idée d'une mémoire que le temps métamorphose. C'est un travail sombre et soigné; méticuleux, et terriblement poétique.

New York City

Très inspiré par le cinéma, Kalel Koven nous livre ici une série réalisée à New York. Chaque image est construite sur un jeu de clair-obscur, créant un effet dramaturgique dense et profond. Ces scènes de la vie quotidienne n'auraient rien d'extraordinaire si Kalel ne les avait pas remarquées. Il dresse ainsi le portrait d'une ville vivante, riche et pleine.