After party

Depuis 2011, François Prost photographie les boîtes de nuit situées en bord de route, où les vacanciers finissent après une journée à la plage. Le genre d’endroit, à la superficialité assumée, où l’on boit des cocktails multicolores et où tout le monde a l’air très jeune. Fasciné par ces lieux au faste éphémère, le directeur artistique a parcouru la France et la Belgique en Ford Fiesta pour en réaliser un inventaire systématique. Débarrassés de leurs habits de nuit, le Macumba, le Light Club, l'Acropole et leurs tapis rouges poussiéreux deviennent tristes et vides de sens au petit jour. La singularité du sujet et son traitement ont valu à François Prost, directeur artistique de 36 ans, la première place des Fidal Youth Photography Awards le 7 décembre dernier. Texte : Hélène Rocco.

Catch

C'est en avril dernier que nous avons découvert le travail de Kevin Faingnaert, que l'on présentait dans un article publié sur le site. Quelques mois plus tard, son portrait du catcheur Tiny Irons, tiré de sa série "Catch", faisait la couverture de notre numéro 20. Cette série à l'écriture très puissante sera présentée à partir du 21 janvier prochain au festival Circulation(s). Nous vous la présentons ici en intégralité.

Europe

Nous avons découvert le travail de Jef Bonifacino, il y a un peu plus d'un an, à l'issu d'un concours que nous organisions sur le site. Nous sommes heureux de retrouver son travail sur les cimaises du festival Circulation(s), dont nous sommes partenaires. Nous présentons ici un travail différent de celui qui sera exposé au Centquatre à partir du 21 Janvier prochain. Cette série est issue d’une exploration des extrêmes géographiques de l’Europe durant cinq ans. À l’heure où certains se crispent à leurs frontières, ce travail montre l’Europe comme un morceau de continent sans frontière, où hommes et civilisations sont seulement de passage, éphémères. Rassembler ces extrêmes permet de rehausser leurs différences l’un par rapport à l’autre, mais aussi de montrer qu’ils sont reliés et prolongés par une même étendue de terre, et par des préoccupations humaines communes.

Mimosa Pudica

Le Mimosa Pudica est une plante rampante aux fleurs roses. Au moindre contact, dû à la pluie ou à un effleurement des doigts, un mouvement actif replie complètement les feuilles vers la tige. Ce mouvement rapide protège d’une part la plante des précipitations trop importantes, et d’autre part de la prédation. Les feuilles se déplient à nouveau quelques temps plus tard. Cette série du même nom est une jolie métaphore filée de la sensibilité.

Far from home

Far from home, loin de la maison, de la famille. Ce travail porte sur des enfants placés dans un foyer, isolés dans la montagne, parce que leurs parents se trouvent momentanément dans l’incapacité de s’occuper d’eux. Des enfants éloignés, contre leur gré, du parcours « ordinaire » qu’ils devraient suivre. Ils ne sont déjà plus vraiment des enfants ; à cause des traumatismes vécus, ils sont dans une transition, un entre-deux, une indétermination, où le monde de l’enfance persiste quelque peu.

Les derniers instants

Cette série réalisée entre le 23 octobre et le 26 octobre 2016 à Calais, documente le plan d'évacuation et de démantèlement total du camp de réfugiés - où plus de 8.000 d'Afghans, Soudanais, Erythréens, Kurdes s'étaient installés, avec l'espoir de pouvoir passer la frontière franco-britannique par n'importe quels moyens. Au total, plus de 6.000 réfugiés ont été répartis dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO) disséminés sur le territoire, quelques milliers sont parti. Rafael Yaghobzadeh suit la situation à Calais depuis 2014 : « Parfois, certaines scènes me faisaient oublier que j’étais en France, si près de Paris. » Il nous livre ici un beau témoignage, en couleur et en noir et blanc, qui relate à travers des images d'une grande douceur la brutalité des événements qui se sont déroulés à Calais; et surtout la violence du quotidien de ces hommes et femmes venus trouver refuge dans notre pays.

As God is My Witness

Qu'est-ce que ça signifie, pour un Américain, "être du Sud" (ndlr : " a southerner", en anglais) ? C'est cette réflexion qui a inspiré à Johnathon Kelso la série "God is my Witness", peu de temps après la naissance de son fils. Lui qui a toujours vécu dans le sud des États-Unis s'est interrogé sur ce qui compose, façonne l'imagerie de cette région du pays. "God is my Witness" est une série à la fois contemplative et documentaire, à travers laquelle le photographe cherche à comprendre les racines de sa culture.

Sons of the Meadowlands

Hommage aux enfants de fermiers, cette série, intitulée en français "Fils des pâturages", raconte les rêves des jeunes agriculteurs et les espoirs des plus anciens. Loek Buter a grandi dans une exploitation de vaches laitières aux Pays-Bas. S'il n'a jamais aspiré à remplacer son père, il a tenu à livrer son histoire.

Homes of Steel

Lorsqu'Annick Sjobakken emménage à Des Moines, elle essaye avant tout de se sentir chez elle. Son nouvel environnement lui devient familier et certains en particulier attirent l'attention de la photographe. Ce sont ces maisons en acier ("homes of steel") qui parsèment le quartier, leurs lignes droites et un peu austères, rehaussées par les façades pastels, vieillies par le temps. Ces habitations, appelées des "Lustron homes" datent de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Annick a décidé de percer les secrets de ces curieuses constructions : elle écrit à tous les habitants de ces maisons. Un par un, tous ces étrangers l'invitent dans leur foyer. Ce sont leurs portraits qu'elle nous montre dans "Home of Steel", une série qui dépeint l'histoire d'un quartier américain.