Fisheye Magazine

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Poses naturelles

Lukas Wierzbowski est un photographe autodidacte. La photographie est devenue son moyen d'expression favori. Il essaye de capturer les relations entre ses modèles et leur environnement dans leurs formes les plus pures. Il n’aime pas planifier ses séances de shooting en avance. Résultat ? Pour lui comme pour ses modèles, chaque session photo est un voyage. Ses sources d’inspiration sont doubles : l’ambiance du lieu et l’attitude du modèle. Pour certains, ces clichés feront penser à des séquences de film, pour d’autres, ils donneront envie de profiter davantage de l'instant présent.

Art Fair

The Moor

« Il sortit dans la lumière grise et s'arrêta et il vit l'espace d'un bref instant l'absolue vérité du monde. Le froid tournoyant sans répit autour de la terre intestat. L'implacable obscurité. Les chiens aveugles du soleil dans leur course. L'accablant vide noir de l'univers. Et quelque part deux animaux traqués tremblant comme des renards dans leur refuge. Du temps en sursis et un monde en sursis et des yeux en sursis pour le pleurer. » Le photographe Robert Darch invoque cette citation du formidable roman, "La Route", de Cormac McCarthy, pour dépeindre l'atmosphère qu'il a créé à travers "The Moor". Ces représentations intemporelles de la lande anglaise construisent un récit dystopique. Dans la lande, il ne semble plus y avoir de limite entre la réalité et l'imaginaire; plus de frontières entre le présent et le futur.

Urban Landscape

Ici pas de plage ni palmier ni belle voiture. Gianfilippo De Rossi nous propose un regard différent de Los Angeles. Son défi ? Trouver des espaces colorés minimalistes et ce, toujours loin de la présence humaine. Il a décidé de se concentrer sur la géométrie, l’harmonie des lignes comme des couleurs. La météo californienne lui a été d’une aide précieuse car là-bas, le ciel est presque toujours bleu. A la fois photographe de rue et photojournaliste, il a été à la recherche permanente du bon endroit et du bon moment.

Inhabitants

Cette série a été réalisée en Toscane, dans le parc naturel de Casentino. Est-ce que ses frontières naturelles coïncident avec la perception qu'on s'en fait ? Après de nombreux repérages de jour, le photographe Andrea Buzzichelli a décidé d'étendre sa vision en explorant le parc de nuit. Son intention ? Montrer ce qui est normalement invisible à l’œil humain. Il nous dévoile ainsi un autre monde. À travers ses images saisissantes, l'artiste met en lumière une réalité ignorée. Celle d'une nature vivante et presque chimérique.

Cut-up

Ces fragments éclatés d'images dessinent une réalité décomposée puis reformée en un tout étrange et élégant. Machabaïd signe ici "Cut-up". Inspiré par la méthode de Bryon Gysin et les expérimentations de William Burroughs, le photographe déploie une séquence rythmée par ces formats verticaux qui troublent la lecture. Le noir et blanc évoque le souvenir, l'idée d'une mémoire que le temps métamorphose. C'est un travail sombre et soigné; méticuleux, et terriblement poétique.

New York City

Très inspiré par le cinéma, Kalel Koven nous livre ici une série réalisée à New York. Chaque image est construite sur un jeu de clair-obscur, créant un effet dramaturgique dense et profond. Ces scènes de la vie quotidienne n'auraient rien d'extraordinaire si Kalel ne les avait pas remarquées. Il dresse ainsi le portrait d'une ville vivante, riche et pleine.

Vues quotidiennes

Les « Vues quotidiennes » de Matthias Pasquet, jeune photographe de 27 ans, sont des images glanées de manière instinctive. Le geste photographique est ici brut, vif. L'ensemble compose un mélange aussi éclaté qu'il est composé avec soin. C'est la chronologie des prises de vue qui détermine l'ordre des images. Il y a une cohérence dans les obsessions visuelles de l'artiste. Notamment pour l'humain qui est « comme une présence cachée, une fuite », ainsi que le décrit Matthias. « C'est une forme de jeu avec la banalité. Je tente de rendre signifiants, des détails qui ne le sont pas à première. Ces fragments de ma vie s'articulent comme des histoires autonomes. »

STRATES – Les Terres

La photographie de Vincent Descotils serait peut être une affaire de croyance, au sein d’un jeu de découvertes et de fuites. Nous nous plongeons en elle comme des aveugles tâtonnant formes et textures, devenues nouvelles. En prolongement à son travail dans le dessin et la scénographie, Vincent Descotils ne cesse de définir, de modeler avec l’acharnement d’un orfèvre, son univers photographique en le rapprochant des thèmes de l’enfance, des souvenirs – avec ce qu'ils ont de trouble et d’indistinct, avec ce que l’enfance a de poétique, d’onirique, d’heureuse ou d’angoissante. Il s’agit finalement de parler du regard premier. Anti-nostalgique puisque rien n’est fixe. Fait d’un noir et blanc originel, d’un clair-obscur aux détails appelant à l’exploration. Ce regard nous est irrésistible parce qu’il s’adresse directement à notre inconscient. Nos impressions deviennent confuses et demandent à être redéfinies.

Battre la campagne

Le projet Murs de l'Atlantique balaie du regard le territoire breton, et propose un dialogue visuel entre deux phénomènes : les restes du Mur de l'Atlantique — d'anciens blockhaus et bunkers — qui occupent le littoral de manière lourde et permanente; et les free parties — ces fêtes clandestines organisées par des amateurs de techno — qui apparaissent spontanément dans les campagnes et sur les côtes, et disparaissent aussitôt. Nous vous le présentions une première fois en avril 2015. Battre la campagne est un nouveau volet de ce travail, repéré par la galerie émergente du festival La Gacilly en 2016 puis accroché dans notre galerie lors des Rencontres d'Arles.

Americana – suite

En juin 2016, nous vous présentions la première étape de ce beau projet d'Anna Hahoutoff, "Americana". Marqué par une cohérence et une identité visuelle très forte, ce travail a pris une autre dimension suite à l'élection de Donald Trump. Car Anna vit aux États-Unis, qu'elle parcourt de long en large pour réaliser ses images. Elle nous explique que « ces derniers mois ont été passionnants avec les élections. Parcourir autant d'états différents et traverser les milieux urbains et ruraux dans un tel contexte... Ça a marqué ma vision des États-Unis. C'est un torrent de boue qui s'abat sur le pays. L'horizon est tellement noir ! Aujourd'hui à travers ce projet, j'essaie de me concentrer sur le côté décoratif de l'Amérique, de le montrer sous un aspect plus passif. » Plus apaisé, et apaisant aussi.

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