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Polish Paradise

26 novembre 2016

Photo : © Michal Sierakowski | Texte : Hélène Rocco

De plus en plus présente sur la scène internationale par le biais des festivals, la jeune photo polonaise est en ébullition. Les initiatives pour la mettre en avant se multiplient en même temps que les écoles acquièrent une solide réputation. Les institutions et les galeries restent pourtant encore frileuses à ouvrir aux jeunes artistes les portes de leur collection.

Depuis quelques mois, notre chemin croise sans cesse celui de jeunes photographes polonais bourrés de talents. Cela a commencé au printemps avec la découverte du travail de Wiktoria Wojciechowska, 25 ans, sur la guerre en Ukraine, lors des Rencontres de la jeune photographie internationale à Niort (voir Fisheye #19). Et puis il y a eu Michał Siarek, 25 ans aussi, lauréat de la première édition des FIDAL Youth Photography Awards, et sa série sur le mythe d’Alexandre le Grand en Macédoine (voir Fisheye #20). Quand, aux Rencontres d’Arles, nous avons découvert l’initiative Polish Paradise, dédiée à la photographie polonaise contemporaine, il n’y avait plus de doute : nous devions mener l’enquête.

Cette année, la ville de Wroclaw, au sud-ouest de la Pologne, a été désignée capitale de la culture européenne ; signe que la scène culturelle du pays est en ébullition. En 2012, le critique de photo contemporaine Adam Mazur commençait son ouvrage Le Moment décisif avec cette réflexion : « L’année 2000 n’est pas connue comme étant un moment distinctif de l’histoire de la photographie. Pourtant, (…) à ce moment précis, quelque chose dans la photographie polonaise s’est désintégré et est arrivé à sa fin. » Karolina Ziebinska-Lewandowska, conservatrice pour la photographie au Centre Pompidou, d’origine polonaise, abonde dans ce sens : « Après l’an 2000, le pays est sorti de la misère. L’art n’était plus seulement militant et s’est renouvelé. La scène d’art contemporain est devenue très riche en s’ouvrant sur le monde. »

© Kaja Rata

© Kaja Rata

© Kaja Rata

© Kaja Rata

Après la transition économique des années 1990, la photo commerciale, art oublié, est réapparue. La fin du communisme et l’entrée dans l’Union européenne ont offert aux photographes polonais beaucoup de possibilités. « On a enfin pu voyager librement à l’étranger, observer ce qu’il se passait en dehors de la Pologne, et acquérir de nouvelles compétences », se souvient Grzegorz Kosmala, fondateur de doc! photo magazine, un périodique dédié à la photo documentaire contemporaine.

Des festivals dynamiques

L’une des avancées majeures a été, selon Grzegorz, l’accès aux infrastructures photo de l’Europe de l’Ouest. Si la photo polonaise était déjà présente à l’étranger, elle est devenue plus visible grâce aux bourses, fondations, galeries et éditeurs internationaux. Plusieurs festivals photo majeurs ont aussi vu le jour à cette époque. Lancé en 2001, le Fotofestiwal de Łódź est aujourd’hui la plus ancienne manifestation photo de Pologne. Attirant près de 20 000 visiteurs chaque année en mai, l’événement s’organise autour d’une exposition centrale conçue par des commissaires internationaux. Il se focalise sur différentes formes de photo documentaire…

© Michal Sierakowski | Texte : Hélène Rocco

© Michal Sierakowski

© Michal Sierakowski

© Michal Sierakowski

© Michal Sierakowski

© Michal Sierakowski

→ L’intégralité de cet article est à retrouver dans Fisheye #21, en kiosque depuis le 9 novembre et disponible en ligne sur Relay.com ! ←