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Images

Rafael Yaghobzadeh raconte l’Ukraine

C'est un jeune photographe au parcours déjà hors du commun. Rafael Yaghobzadeh nous livre ici des images saisissantes de la crise meurtrière qui sévit dans l'est de l'Ukraine, où il s'est rendu en février 2015. Son portrait est à retrouver en intégralité dans notre dernier numéro.

En février dernier, Rafael Yaghobzadeh s’est rendu en Ukraine. Il a d’abord passé quelques jours à Kiev pour se « remettre dans le bain » puis il s’est rendu dans les zones militarisées de l’est du territoire. Car il a une histoire avec ce pays plongé dans un conflit sans précédent, depuis l’hiver 2013-2014.

« Cette fois-ci en février, j’y suis allé sans commande, je suis resté quelques jours à Kiev. Pour revoir quelques amis journalistes, reprendre contact avec des connaissances locales et préparer un voyage dans l’est. »

Voici les images avec lesquelles il est revenu, prises entre le 19 et le 26 février 2015.

  • Serguï, 40 ans, du bataillon Gorin, est originaire de Kiev. Il n'a pas vu sa famille depuis six mois. Les soldats volontaires occupent un bâtiment abandonné proche de la ville d'Artemisk. Photo prise le 19 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Des soldats de l'armée ukrainienne sur la route d'Artemivsk, le 19 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Des soldats volontaires ukrainiens du bataillon Gorin ont marché 38km en pleine nuit. Ils occupent désormais un bâtiment abandonné, après leur retrait de la ville de Debaltseve, assiégée par les séparatistes pro-russes. Photo prise le 20 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Des soldats volontaires ukrainiens du bataillon Gorin, dans la salle commune d'un bâtiment abandonné qu'ils occupent depuis leur retrait de la ville de Debaltseve, le 20 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Alexander, 50 ans, dans la tranchée où il dort, à proximité de la ville d'Artemivsk, après le retrait des troupes de l'armée ukrainienne de la ville de Debaltseve, prise par les séparatistes pro-russes. Photo prise le 23 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Munitions de balles anti-char / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Des cercueils vident devant la morgue d'Artemevisk, le 19 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Le colonel de la Garde Nationale et ses soldats préparent leurs positions, le 26 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Dans les tranchées, les soldats ukrainiens de la Garde Nationale préparent leurs positions, le 26 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Les soldats volontaires ukrainiens du bataillon Azov préparent leurs artilleries, près de la ville de Marioupol, après l'avancée des séparatistes pro-russes, le 26 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Les toilettes d'un bunker fait de bois et de béton armé, le 26 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Un soldat déjeune dans la salle commune d' une base militaire, le 26 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Ce soldat ukrainien tient sa position dans une base militaire le 26 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

  • Un soldat volontaire ukrainien, du bataillon Azov, tient sa position dans une base militaire prés de la ville de Marioupol, après l'avancée des séparatistes pro-russes, le 26 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

Je suis arrivé dans la ville de Kramatorsk (occupée par l’armée ukrainienne) où j’ai commencé à travailler sur les réfugiés et la population. Le lendemain l’armée ukrainienne s’est retirée de la ville de Debalstevo, assiégée par les séparatistes. J’ai décidé de rester côté ukrainien pour travailler sur l’armée et les soldats volontaires, notamment dans leurs bases ou sur les lignes de front.

Masha, réfugiée de la ville d'Horlovka, dans le centre pour réfugiés de la ville de Kramatorsk. Elle est enceinte de 9 mois. Photo prise le 17 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

Masha, réfugiée de la ville d’Horlovka, dans le centre pour réfugiés de la ville de Kramatorsk. Elle est enceinte de 9 mois. Photo prise le 17 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

Destructions dans le village de Mironovka, à quelques kilomètres de Debalsteve et de la ligne de front, le 24 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

Destructions dans le village de Mironovka, à quelques kilomètres de Debalsteve et de la ligne de front, le 24 février 2015 / ©Rafael Yaghobzadeh

Rafael suit le conflit ukrainien depuis près un peu plus d’un an maintenant. Il était à Maïdan, la place de l’indépendance de Kiev, lors de la répression sanglante de février 2014.

« J’y suis allé la première fois par choix personnel, sans commande. Je voulais découvrir Maïdan, pour suivre le mouvement, voir jusqu’où ça irait et comment ça se finirait. »

Le mois suivant, il couvre le référendum de Crimée pour Paris Match. Entre mai et juin, il est encore présent à Odessa – ville portuaire de l’Ukraine, où des affrontements font une quarantaine de victimes – et dans le Donbass, territoire séparatiste particulièrement instable, pour le compte de L’Obs.

« La France leur évoque Napoléon et Louis de Funès »

Les photographies de Rafael nous racontent le climat qui règne dans le pays. Elles nous racontent aussi « les gens » et les rapports qu’il a tissé avec eux.

Les Ukrainiens, tout comme les Russes, aiment bien les Français. Notre pays leur évoque Napoléon, Louis de Funès, Pierre Richard ou le Beaujolais… Globalement les Ukrainiens sont très accueillants. Ils te laissent photographier autant que tu veux – sauf dans les zones interdites. Ils ont conscience de leur image et souhaitent bien sûr protéger certaines informations.

 

Rafael n’en n’a pas fini avec l’Ukraine. Ce ne sera pas la dernière histoire qu’il aura à raconter de ce pays.

En savoir plus

Exposition des clichés de Rafael Yagobzadeh au Centre d’animation de Montgallet (Paris, XII) jusqu’au 28 mars. Entrée libre.
4 passage Stinville – métro Montgallet (ligne 8)

> Illustration : portrait de Rafael Yaghobzadeh par ©Stéphane Lavoué