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Kodak City

29 janvier 2015

Kodak, c’est plus d’un siècle d’hégémonie sur le marché de la photographie argentique. Une domination balayée en dix ans à peine par l’arrivée du numérique. Musée à ciel ouvert, Rochester a vu l’empire se construire puis s’effondrer. À la recherche de ces vestiges, les déambulations photographiques de Catherine Leutenegger témoignent de ce déclin précipité.

Avec son curieux donjon posé sur le toit, la tour Kodak trône encore dans le centre-ville. C’est le premier choc de Catherine Leutenegger quand elle découvre, en 2007, le quartier financier de Rochester. « Je m’attendais à un endroit foisonnant, mais c’était morne, inanimé. Au pied de la tour, le premier parking de l’entreprise était à moitié vide. On voyait bien que la prospérité de Kodak était révolue », analyse la photographe. Même constat à quelques kilomètres de là, autour de l’ancien parc industriel de la marque. Maisons délabrées et commerces abandonnés jouxtent ce site de 530 hectares. Au début des années 1980, 60 000 employés de Kodak venaient y travailler. Ils ne sont plus que 2 300 aujourd’hui…

C’est strictement encadrée que la photographe a le droit de visiter les locaux. « À partir du moment où je poussais le portail, un responsable de la communication m’accompagnait en permanence. J’ai été troublée par ce que j’ai découvert à l’intérieur. On aurait dit que le temps s’était figé au moment des années fastes. La décoration de la réception, tout en marbre et en feuille d’or, date probablement des années 1960. C’est comme si rien n’avait bougé depuis cette période glorieuse. J’avais même l’impression que les employés faisaient partie des meubles. Pour renforcer cette sensation, j’ai photographié le personnel comme un élément du décor, avec des cadrages assez larges. »

Retrouvez l’article complet de Dorian Chotard et plus de photos de Catherine Leutenegger dans Fisheye #10

 

  • © Catherine Leutenegger

  • © Catherine Leutenegger

  • © Catherine Leutenegger

  • © Catherine Leutenegger

  • © Catherine Leutenegger