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Pourquoi lire des BD améliorera vos photos

20 janvier 2015

Vous l'avez compris si vous avez déjà dévoré votre Fisheye #10, la photo et la BD ont beaucoup à s'apprendre. Voilà comment un art peut en nourrir un autre.

Pour le photographe Guy Viner, la BD est devenu moins « cartoonesque » et plus réaliste au fil des années, à tel point qu’on ne parle plus vraiment de bande dessinée mais plus de « roman graphique ». Mais plus surprenant encore, la BD aurait beaucoup à apprendre à la photographie…

Commençons par le commencement : Guy Viner appelle ça « The Hero Shot ». Le héros est au centre de l’image, prit légèrement en contre plongée pour que le protagoniste paresse plus grand, plus fort. Bref, qu’il fasse rêver. Ajouter à cela un fond avec des éclaires, des explosions et quelques corps inanimés et vous obtenez un héros sortant victorieux d’une bataille (du moins, c’est ce que l’on pense). Et si l’on compare avec des affiches de films d’action, tiens tiens, nous retrouvons les mêmes similitudes.
Pour obtenir ce résultat, il suffit de placer l’angle de la caméra légèrement en dessous du niveau des yeux de la personne que l’on souhaite photographier. Encore une fois, le protagoniste semblera plus grand et plus autoritaire. Ce procédé est aussi reprit pour photographier des sportifs.

© Guy Viner pour DIY Photography

© Guy Viner pour DIY Photography

Passons maintenant à l’opposé, la « Death Pose », la pose de la mort en français. Celle ci est inspirée par Michelangelo en personne, avec sa sculpture « La Pietà ». Par ce procédé, cela donne au héros un côté « religieux » à la chose et donc, de surhomme voir de dieu.

C’est donc l’exact opposé du « Hero Shot ». Le héros est battu, brisé physiquement et mentalement par sa défaite, parfois gisant sur le sol : l’impression d’un héros petit et fragile. Cette vision peut être remplacé par l’accessoire emblématique du héros, le masque de Batman déchiré par exemple, renforçant l’impact souhaité de défaite du héros.

© Guy Viner pour DIY Photography

© Guy Viner pour DIY Photography

Mais la prise de vue n’est pas le seul procédé, la composition de l’image entre aussi en jeux. Les couvertures de Batman sont souvent sombres, le noir prédominant largement tandis que les couvertures de Deadpool sont plus claires, avec des touches de jaune. Si vous ne connaissez pas ces super-héros, cette colorimétrie montrerait un héros plus sérieux, contre un héros plus extraverti.

© Guy Viner pour DIY Photography

© Guy Viner pour DIY Photography

Mais ce procédé se retrouve aussi pour un même super-héros. Des couleurs plus claires donnent une dimension plus folle que des couleurs plus foncées, qui elles donnent un côté plus sérieux, réaliste.

© Guy Viner pour DIY Photography

© Guy Viner pour DIY Photography

Et nous pouvons aller encore plus, au travers du noir et blanc et l’utilisation du Low Key et du High Key. Le Low Key donne des images assez sombres contre des images plus lumineuses, presque « effacées » pour le High Key. Cela traduit soit un univers optimiste, soit un univers plus sombre, comme celui de Sin City, où la BD parle principalement de corruption et de prostitution.

© Guy Viner pour DIY Photography

© Guy Viner pour DIY Photography

Le principe est exactement le même en photographie : l’humeur et l’impression peut changer sur un même clichés, s’il est prit en Low Key ou en High Key. 

La même photo en High Key et Low Key © Guy Viner pour DIY Photography

La même photo en High Key et Low Key © Guy Viner pour DIY Photography

Vous pensiez avoir tout vu ? Dans le comic book « Watchman », tous les principes précédents sont combinés pour un rendu assez réaliste. La première case est en couleur Low Key pour finir en noir et blanc et High Key dans les dernières cases, traduisant l’explosion d’une bombe nucléaire.

© Guy Viner pour DIY Photography

© Guy Viner pour DIY Photography

 

En clair, pour être un bon photographe, il faut s’en cesse chercher l’inspiration où qu’elle soit, surtout dans les BD.

Via DIY Photography