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Urbex sur l’île abandonnée d’Hashima

18 décembre 2014

Sébastien Tixier a photographié l’île d’Hashima, vidée de ses habitants depuis les années 70.

En vrais petits explorateurs 2.0, continuons notre découverte des lieux abandonnés. Après notre interview de Romain Veillon, et le coup de projecteur sur Jeremy Harris, on se penche aujourd’hui sur l’île japonaise d’Hashima. Hashima, ou une histoire à rebondissements. Reprenons depuis le début.

Hashima se trouve dans la préfecture de Nagasaki au Japon. A l’origine, l’île était destinée à l’exploitation minière en raison de ses ressources en charbon. La présence de la mine attira les populations aux alentours… jusqu’à devenir le territoire au taux de densité de population le plus important jamais enregistré ! Mais la fermeture de la mine en 1974 signa l’arrêt de mort de l’île, laissée depuis à l’abandon.

Ou presque.

En 2007, Sébastien Tixier et ses amis se retrouvent dans un bar. Habitués à photographier des lieux abandonnés, ils se lancent un défi et décident d’aller découvrir un « lieu unique en son genre », comme le confie Sébastien, interrogé par mail. Un an plus tard, voilà notre photographe sur le pont du bateau en direction d’Hashima.

« Lieu d’Histoire », Hashima témoigne d’une autre époque, celle de l’ère industrielle et son évolution. La série rend ainsi tangible les « conséquences de décisions économiques ». Mais ce qui frappe aussi sur l’île c’est l’absence de toute trace humaine postérieure à son abandon. Les graffeurs n’ont pas investis les lieux, personne ne s’y est réfugié. Les ruines, perdues au milieu de l’océan, se délitent d’elles mêmes.

De ce silence fantomatique se dégage un intérêt graphique, avec ces grands espaces vides, inondés par le silence du lieu. En résultent des prises de vues à l’atmosphère mystérieuse et comtemplative, où l’on sent l’influence des mises en scène de Gregory Crewdson, cité par le photographe comme inspiration.

Quelques années après ce projet, Sébastien Tixier s’est attaqué à un autre territoire, cette fois-ci pas totalement abandonné mais en pleine mutation, le Groenland. Ce projet fait l’objet de son dernier ouvrage Allanngorpoq, qui vient de paraître.